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Tome onzième.
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AUX INDES ORIENTALES, Lrv. II. 265

leurs droits étoient établis depuis plus de quinze ans,& l'Auteur avoit vuà Surate quantité de proteſtations entre les Directeurs des deux Comptoirs.Mais l'Amiral, qui crut ce différend fini par le nouveau Traité, lalſſa delargent& des munitions à Flacourt, pour élever une Redoute dans le do-maine d'Allicot(y).

L'EscApRE partit le 19;& courant au Nord ſur vingt braſſes d'eau, fondqu'on eſt obligé de tenir à cauſe des briſans qui ſont marquês proche deBatacallor, elle s'arréta le 20, à Pentrée de cette baye. L'Amiral& leDirecteur, qui n'ignoroient pas dans quelle inquiétude leur Flotte avoit jet-té les Hollandois, s'approchéèrent d'une petite Fortereſſe qu' ils ont au bordde la Riviére, pour ſonder leurs diſpoſitions. Le Commandant du Fortenvoya prier l'Amiral d'expliquer les ſiennes. On répondit à ſon Envoyé,qu'on m'avoit deſſein que de faire de eau;& ſur cette réponſe le Comman-dant fit offrir des rafraichiſſemens à la Flotte. Mais on les attendit inuti-lement,& Pon ne regut pas d'autres nouvelles du Fort(z.).

LE lendemain, en remettant à la voile, l'objet d'un ſi long Voyage ceſ-ſa d'eétre un miſtéère,& l'Amiral déclara ouvertement que ſes ordres étoientpour Trinquemale, Baye célèbre de'Ifle de Ceylan. Tel étoit le ſujet dudépart de Eſcadre,& ce ſecret qui àvoit cauſé tant d'allarmes en Euro-pe& aux Indes. Cependant ceux qui connoiſſoient les affaires Orientales,avoient fort bien jugé, que les vües de Caron regardoient l'Iſle de Ceylan,ou quelque autre lieu négligé par les Hollandois, qui jouiſſoient paiſible-ment de la plus riche partie du Commerce des Indes.

CAXRoON, né en Hollande, mais originaire de France, avoit quitté leſervice des Hollandois pour s'attacher à celui de la Compagnie Frangoiſe.Un long ſéjour dans les Indes, où il étoit employé déès l'année 1644(a)lui avoit fait reconnoëtre que les Hollandois avoient fort mal-entendu leursintéréts, lorſqu'ils avoient choiſi Batavia pour le centre de leur Etabliſſement.Ce poſte eſt trop à l'Eſt;& les Portugais avoient commis la même faute enchoiſiſſant Goa, qui eſt trop à l Queſt. Ceylan eſt comme au milieu desIndes. Le Commerce peut s'y faire, des quatre endroits du vent& desmouſſons. Tous les Navires qui arrivent 4e„'Europe vont tomber d'eux-mémes& ſans ordre à la vüe de cette Hle. Les plus importantes places

des

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(y) Pag. 148& 149.

(z) Pag. 152.

(a) II paroit par le Rapport que le SieurCaron fit aux Etats Généraux en 1642, qu'ilavoit déjèà ſervi vingt-trois ans la Compagnieaux Indes. En 1639, il fut fait Chef duComptoir Hollandois de Firando au Japon],où il ſe trouvoit depuis vingt ans. Aubout de deux ans ayant quitté ce poſte, ilſe rendit à Batavia,& de-là en Hollande.A ſon retour aux Indes, l'année ſuivante,avec le caractère de Conſeiller ordinaire,& de Directeur-Général du Commerce desIndes, il prit la Fortereſſe de Negombo ſurles Portugais de Ceylan, en 1644,& fut en-

XI. Part.

voyé la même année en qualité de Gou-verneur à Tayovan, dans l'Ifle de Formoſe.Deux ans après, le Sr. Caron n'étoit plusqu’'un ſimple particulier ſans emplois. II re-vint en Hollande l'année 1651, en compa-gnie de ſon Ami, le Sr. Corneille van derLyn, Gouverneur-Général des Indes, quiavoit auſſi obtenu ſon rappel. Le premier,pour ſatisfaire à la fois ſon reſſentiment&ſon ambition, prit enſuite le parti de paſſerau ſervice de la France, qui auroit pũú reti-rer les plus grands avantages de ſes vaſtesconnoiſſances ſur les affaires des Indes O-rientales, ſi on l'eut mis ſeul à la téte dece Commerce. R. d. E.

LI

DE LA HArzx.1672.

Fort Hol-landois deBatacallor.

L'objet duVoyage de laHaye eſt dé-voillé.

Les Fran-gois veulent9'Ctablir dansI'Iſle de Cey-lan.

Fonde-

mens de ceprojet.