Band 
Tome onzième.
Seite
277
JPEG-Download
 

AUX INDES ORIENTALES, Lrv. II. 272

tre le lendemain dans une Chaloupe, ſuivie de quelques autres, chargéesq'Infanterie,& de chercher un lieu commode pour le débarquement. Ce-pendant il envoya demander, pour la troiſiéme fois, au Gouverneur, s'ilvouloit lui fournir des vivres pour ſon argent; mais il n’'obtint, pour ré-ponſe, que des injures& des menaces(c).

Av meme inſtant, il fit dire au Commandant d'un Navire Anglois, quiEtoit à'ancre vers la Ville, de ſe mettre au large;& ſes Chaloupes s'étantrangées au Nord de la Place, le ſignal de la flamme rouge fut donné pourfaire jouer le canon. Pendant le premier feu on deſcendit à terre, en é-chouant quelques Chaloupes. L. Amiral fit mettre en bataille ce qu'il avoitde monde, avec ordre de marcher droit à la Ville. Cet air d'intrépiditéparut effrayer les Mores. IIs ſe hatérent d'arborer pavillon blanc ſur unbaſtion. L'Amiral s'avanga vers la Place. Un Religieux Portugais vintconferer avec lui. Pendant leur entretien, on ôta la flamme rouge,& lecanon ceſſa de tirer. Mais les troupes Frangoiſes continuêrent leur routeau Sud, le long du bord de la Mer. Les Mores promirent des vivres.Fournier, Secrétaire de P'Amiral, eut ordre d'acheter fur le champ ce qu'ilen trouveroit,& de le diſtribuer aux troupes qui étoient à terre. Avantque de retourner à bord, PAmiral les fit camper à une portée de mouſquetde la Ville.

LE 24, on lui remit, ſur le Navarre, une Lettre du Père Ephraim deNevers, Capucin(4), qui lui conſeilloit de ne pas ſe fier aux promeſſesdes Mores,& d'exécuter promptement ſon entrepriſe, s'il avoit quelquedeſſein ſur la Ville, parceque le Traité n'étoit quü'un artifice, dont ils eſ-péroient du tems pour Parrivée d'un ſecours conſidérable qu'ils attendoient.II ajoũtoit que S. Thomé étoit la meilleure Place de la Còôte,& par conſé-quent la plus importante pour la Compagnie. On tint Conſeil. Cet avis,joint aux infultes récentes, détermina lAmiral à ne plus garder de ména-gement. II deſcendit à terre, ſuivi de quantité d'Officiers& de Volon-raires. Le Directeur même ſuivit cet exemple, avec une partie de ſa mai-ſon. Beaurepaire, Major de l'Eſcadre, eut ordre de faire deſcendre lesMatelots avec des haches,& de faire débarquer pendant la nuit les muni-tions de guerre.

LAMIKRAL continua de reconnottre la Place, à la clarté des étoiles.Vers la pointe du jour, il donna ordre à Rebré, Capitaine d'Infanterie,d'aller ſe poſter, avec ſa Compagnie, prês d'un baſtion qui fait face à laterre du cõté du Nord. On y porta deux échelles, une de corde& P'au-tre de bois. Au Sud, on pointa quatre piêces de canon, pour battre unefauſſe porte ſous le baſtion le plus proche de la Mer. Les Mores firentdes rondes pendant toute la nuit& tirèrent par intervalles. On ſgçut, à lapointe du jour, qu'il étoit entré cette nuit quelques Soldats dans la Ville,& qu’on en avoit fait ſortir les enfans& le bagage().

A ſix heures du matin, tout étant diſpoſẽ pour T'attaque, on n'atten-doit qu'une barque, qui devpit apporter des munitions de Eſcadre, lorſ-

que

(Lc) Pag. 246.(d) Pag. 247.(e) Pag. 248.

Mm 3

DE LA HAVYE.1672.Troiſième

inſulte du

Gouverneur.

La guerreeſt déclarée.

Les Morescompoſent.

Les conſeilsd'un Capucinfont attaquer

la Ville.

Vive attaque.