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Tome onzième.
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282
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DE LA HàAVz.1674.

Offres quele Roi de Gol-conde fait àla Haye, pareſtime pourſon meérite.

Eclairciſſe-mens ſur S.Thomé& ſurle tombeau de1'Apôtre S.Thomas.

Hiſtoiremerveilleuſe.

282 VOYAGES DESFRANCçCOIS

ſon Navire,& li fit un compliment, ſans affectation, ſur le courage&la conduite extraordinaires avec leſquels il avoit ſoũtenu Thonneur& lesintéréts de la France pendant un Siex ge de deux ans, que ſes difficultés nerendoient pas moins mémorable ö76 a. longueur. Le Directeur Frangoisſe re endit à Madraſpatan, ou il devoit attendre des commodités pour ſe re-tirer à Surate. Lordre du aeper fut donné ſur les deux Vaiſſeaux pourla 8 ſulvante. Tout parut calme& férieux dans la Ville& ſur la FlotteHollandoiſe. On n'y entendit aucune marque de réjouiſſance. Enfin,pour employer les termes de lAuteur.„ On peut dire que jamais Vaincus„ne furent traités avec plus d'honnéeteté,& qu'on ne voit guêres de Vain-„ queurs plus modeſtes& plus retenus(p).

LàA réputation de la Haye étoit ſi bien établie parmi les Mores, quetrois— avant ſon départ il regut, par un de leurs Chefs, une Lettre duRoi de Golconde, qui lui marquoit.„ Que dans 1- opinion qu'il avoit de

„ſes grandes qualités, il ne faiſoit pas difficulté de lui avouer qu'il s'eſti-

„„ meroit heureux d'avoir pour Général de ſes Armées un ſi illuſtre& ſi„généreux Guerrier,& que s'il vouloit accepter ſes offres, il lui donnoit„ le choix d'une de ſe ſes Provi inces,& promettoit à tous les Frangois qui„ voudroient le fuivre à Golconde, des emplois proportionnés à leur mé-„ rite“. LEnvoyé répeta, de bouche, des témoignages ſi fatteurs deFeſtime d'un grand Monarque(4).

LE filence de l'Auteur, ſur la navigation des deux Vaiſſeaux, donnelieu de ſuppoſer que le retour des Frangois fut heureux;& ce qu'on a lü,dans'Introduction de cet Article, ſemble marquer que les ſervices de laHaye ne demeurérent pas ſans récompenſe.

Qu⸗ LQUES Remarques ſur S. Thomé, que'Auteur a recueillies, dit-il, avec beaucoup de ſoin(r),& dont il y auroit de Finjuſtice à ne paslui faire honneur, termineront agréablement cet extrait de ſon ſournal.Suivant ſes obfervations, cette Ville continue de réünir dans ſa fituation& dans celle des lieux voiſins, depuis Sadraſpatan juſqu'à Rimougoit, tousles avantages qui la rendirent autrefois chêère aux Portugais. Elle eſt ſi-tuse fur la Cote de Coromandel, dans le Royaume de Carnate, Provincede Meliapour, ſur les ruines de'ancienne Callames. Elle fut bâtie par lesEnvoyés d'un Roi de Portugal,& la Religion eüt beaucoup de part à cet-te entrepriſe. Il étoit queſtion de découvrir des races de Chrétiens, quiSétoient diſperſées après le martyre de'Apôtre S. Thomas,& dont onſuppoſoit que les deſcendans avoient toũjours vécu dans l'oppreſſion. LesPortugais s'établirent d'abord dans un Bourg nommé Palliacate, huit lieuesau Nord de Meliapour, d'où ils firent partir quantité de gens pour cettedécouverte. Comme on étoit perſuadé que le corps de ce ſaint Apòtre repo-ſoit dans ces quartiers, les Députés 1e ordre de prendre les plusſoigneuſes informations. Cependant ils ne furent redevables de cet éclair-ciſſement qu'au hazard. Un jour qu'ils paſſoient devant une petite Pagode

ronde,& que la curioſité les y eut fait entrer, ils y trouvêrent un Vieil-lard

(P) Pag. 208& précédentes.(2) Pag. 203& 204.(r) Pag. 209& ſuiv.