RmnopEs.1622.1623.
II s'embar-que pour Ma-cao.
Ses obſerva-tions ſur laChine.
Beauté duCollège& dePEgliſe deMacao.
L'Auteur)eſt envyoyeédans la Co-chinchine.
8. vOYAGES DANS L.L E
„ ſur la terre, devroit à la vérité tout brüler& rendre le Pays inhabita-„ ble. Les Anciens en avoient cette opinion: mais ils ignoroient le ſecretde la Providence, qui a voulu qu'il füt le plus habité du Monde. Le
2„ Soleil, dans le tems qu'il a toute ſa force, attire tant d'exhalaiſons&„ de vapeurs, que cC'eſt alors hiver du Pays. Les vents, qui ſont im-„ Pétueux, les pluyes continuelles, tiennent cet aſtre cachs,& s'op-„ Poſent 4 la maturité de tous les fruits qui ne ſont pas propres au cli-„ mat()
NEüTr mois de ſéjour à Malaca, pour attendre le tems propre à la Na-vigation, auroient cauſé beaucoup d'impatience à l'Auteur, ſi ſon zelc n'eüttrouvé Poccaſion de s'exercer en batiſant, dans cet intervalle, au moins deuxmille Idolatres. II prit la route de la Chine, avec un autre Jéſuite, nom-mé le Pêre Cardin, dans un Vaiſſeau qui partoit pour Macao. Un mois deNavigation, pendant lequel ils échappérent heureuſement à la pourſuitede quatre Vaiſſeaux Hollandois, les rendit au Port de Macao, le 29 deMai 1623.
voroabnE le Pèêre de Rhodes n'ait connu les Chinois que dans cetteVille& dans celle de Canton, ſa modeſtie, qui lui fait attacher peu de prixà ſes remarques, lorſqu'il ſe compare, dit-il, à tant d'habiles Auteurs quiont décrit plus au long les merveilles de la Chine, n'empéche pas qu'il ne ſetrouve de fort bonnes obſervations entre les ſiennes. Elles ont été mê-lées,& comme fondues, dans le Tome ſeptième de ce Recueil, avec cel-les de tous les Voyageurs, qui ont viſité ce grand Empire. II eſt le ſeulqui faſſe obſerver, en relevant les vertus du thé, qu'il y a une manière dele prendre différente de celle qui eſt en uſage aujourd'hui parmi nous; c'eſtde le réduire en poudre, qu'on jette dans de l'eau bouillante,& qu'onavalle avec la liqueur, au-lieu de la ſimple teinture qu'on prend ſuivant laméthode ordinaire(p).
Ir vante la beauté du Collège de Macao, qui peut être comparé auxplus célébres de IEurope; ſur-tout la magnificence de 1'Egliſe, à laquelleil ne préfère que celle de Saint-Pierre de Rome.„C'eſt dans cette Mai-ſon, dit-il, que ſe forment ces grands Quvriers, qui rempliſſent tour„ l'Orient des lumieres de l'Evangile. De-là ſont venus tant de Martyrs,„ qui couronnent nòôtre Province. Dans le ſeul Japon, elle en compte„ quatre-vingt dix-ſept(4)“*.
LEs vües du Pêre de Rhodes étoient toüjours pour le Japon;& ſa ſou-miſſion pour d'autres ordres, qui le retinrent un an& demi, ſoit à Macao,ſoit à Canton, fut une violence qu'il fit à ſon zèle. Cependant de nouvel-les diſpoſitions de ſes Supérieurs l'obligérent d'abandonner entieérement ſonpremier projet, pour ſe rendre à la Cochinchine. Cette Miſſion, qui avoitété commencée en 1615, par le Père Buzoni,& le Pere Carvaille, avoitbeſoin d'Ouvriers Apoſtoliques. D'ailleurs, les portes du Japon ſe trou-
voient
(o) Pag. 39& ſuiv. rapport au Japon, dans le Volume X. pag.(p) Pag. SI. Tant s'en faut que le Pêère 651. de l*Edition de Paris. Voyez auſſi lede Rhodes foit le ſeul qui parle de cette Voy. de Hagenaer,& pluſieurs autres. R.manière de prendre le ché, que Mr. Pre- d. E.voſt dit la même choſe, d'après Kampfer, par(„) Pag. 59.
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