II quitte Ba-tavia.
Il eſt bientraité des An-glois à Ban-tam.
Voyagequ'il eſt obli-gé de faire àMacaſſar.
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pinion qu'il et de ces Livres, il ne lui en étoit jamais tombé entre lesmains. Mais il n'en regut pas moins ſa Sentence, qui contenoit trois ar-ticles. Par les deux premiers, il étoit condamné à un banniſſement perpé-
tuel de toutes les terres de Hollande,& à payer une amende de quatrecens écus d'or. Le troiſiéme, qui lui fut le plus douloureux, portoit, queles ornemens Eccléſiaſtiques, les Images& le Crucifix, qu'on lui avoit en-levés, ſeroient brülés par la main du Bourreau,& qu'il afſiſteroit, ſous unGibet, à cette exécution. Ses repréſentations& ſes larmes ne purent flé-chir ſes Juges. S'’il fut diſpenſé de paroitre ſous le Gibet, il n'eut cetteobligation qu'à la politique du Gouverneur, qui craignit un ſofllevement
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des Catholiques de la Ville. On ſuppléa mêmeè à cette eſpêèce d'adouciſſe-ment, en faiſant pendre deux voleurs, tandis qu'on brüſoit le Crucifix&les Images(c).
DEs deux autres articles, le premier ne put être exécuté ſur le champ;parceque le Pêre de Rhodes n'étoit point aſſez riche pour ſatisfaire au fe-cond. II fut retenu pendant trois mois dans les chaines;& ſa réponſe, auxoffres qu'on lui faiſoit de le rendre libre, aufſi-tôt qu'il auroit payé l'amen-de, étoit de proteſter qu’il vivoit content de ſon ſort& qu'il regardoit ſesſouffrances comme une faveur du Ciel.
Au mois d'Octobre, quelques Vaiſſeaux arrivés de Hollande apportèrentdes lettres de la Compagnie des Indes, qui nommoient Corneille Van der Lyn,Gouverneur général des Etabliſſemens Hollandois(4), après la mort d' AntcineVan Diemen, qui avoit enlevé Malaca aux Portugais. Entre les réjouiſſancespubliques, qui ſe firent à l'entrée du nouveau Gouverneur, tous les Priſon-niers furent délivrés. Non-ſeulement de Rhodes fut élargi ſans payer lesquatre cens écus; mais Van der Lyn le vengea, par quelques baſtonades, qu'ildonna de ſa main au principal Juge, pour ſe punir de ſon exceſſive rigueur.Enſuite Payant comblé de careſſes, auxquelles il joignit des excuſes pourſa Nation, il lui laiſſa la liberté de partir. Quelques Portugais, qui fai-ſoient voile à Macaſſar, le regurent avec joye dans leur Vaiſſeau,& con-ſentirent volontiers à la priêere qu'il leur fit de le conduire à Bantam, quin'eſt qu'à douze lieues de Batavia. II eſpéroit de trouver, dans cette Vible, quelque Vaiſſeau Anglois, prét à retourner en Europe.
IL y regut un traitement fort oppoſé à la rigueur des Hollandois. AaronBeeka, Gouverneur général des Anglois dans les Indes, le forga d'accepterſa table,& lui offrit toute ſorte de protection. Cependant, l'occaſion qu'ilavoit eſpẽrẽe ne pouvant ſe préſenter que dans Peſpace d'un an, il fut obli-gée de retourner au Navire des Portugais,& de partir avec eux pour Ma-
Caſſar(e).
UN voyage ſi contraire à ſes vües devint encore plus chagrinant par lesobſtacles de la ſaiſon, qui retinrent le Vaiſſeau en Mer pendant deux mois& cinq jours. Enfin il arriva heureuſement au Port de Macaſſar, le 21 deDécembre;& ſa conſolation fut d'y trouver une belle Maiſon de ſon Ordre,ou il fut regu avec beaucoup d'affection. Ma-
(c) Ibid. pag. 28& précédentes. d'apparence que la ſentence eut été exécu(4) II en exergoit déſà les fonctions de- tée, ſans ſon aveu. R. d. E.Puis le 19 Avril 1045; ainſi il n'y a pas(e) Lbid. pag. 30.