Rüopzas.1647.
Opinionombattueſur Saint-François Xa-
L'Auteurpart de Ma-caſſar dans unVaiſſeau An-glois.
Civilitésqu'il regoit decette Nation.
Raiſon qu'ilen apporte.
Il s'embar-que à Bantampour Surate.
366 VONAGES DANS L.L E;
Roi. C'’toit lui qui avoit appellé les Jéſuites à Macaſſar,avoit maintenus contre diverſes factionsbliſfement. II afſiſtoit à leurs Sermons.Myſteres du Chriſtianiſme. On Pe§t pris pour un Portugais, lorſqu'il par-loit la langue de cette Nation. Mais avec de ſi belles diſpoſitions,& ſansaucun déréglement connu dans les mœurs, il fermoit Poreille aux inſtancesdes Miſſionnaires, qui le preſſoient de ſe ſoumettre au joug de'Evangile,parcequ' ils croyoient la converſion du Royaume attachée à la ſienne. IIapplaudiſſoit à leurs raiſonnemens; il les louoit de remplir le devoir de leurprofeſſion; mais il demeuroit ſans réponſe, lorſqu' ils lui propoſoient de re-cevoir le Baptême(b).
„) DANs les converſations que j'eus avec lui, dit'Auteur, il m'écoutoit„ fans s'émouvoir; mais il répondoit peu à mes exhortations. Une Eclip-„ ſe de Lune, que je lui prédis, quelques jours avant qu'elle parüt, n'a-„ Voit pas laiſſé de lui inſpirer de la confiance& du goüt pour moi. Un„ jour qu’il me parloit de Saint-Frangois Navier, avec de grands témoigna-„ ges d'eſtime,& qu'entre les Conquétes magnifiques, je comptois vingt-„ mille perſonnes qu'il avoit bätiſées à Macaſſar, dans le ſeul Royaume de„ Tolo, il m'afſura que le Royaume de T'olo, où cet Apötre avoit tra-„ vaillé avec tant de ſuccès, n'etoit pas celui de Macaſſar, mais celui des„ Moluques“.
CINQ moöis ſe paſſèrent, juſqu'à Parrivée d'un Vaiſſeau Anglois, danslequel de Rhodes fut regu avec tant d'honneur, qu'outre un Logement fortcommode, on lui fit toljours prendre la première place à table. Sa Na-vigation le conduiſit d'abord à Ciapara, beau Port de l'Ile de Java, ou ilfut traité civilement par le Roi, qui harfſoit beaucoup les Hollandois. De-là, repaſſant à Bantam, il y retrouva, dans le Chef des Anglois, les mé-mes ſentimens de bonté dom il avoit déja eQ occaſion de ſe louér. II gnfait un nouvel éloge,& ſa reconnoiſſance le porte tofjours à regretterque ſes Bienfacteurs ne fuſſent pas éclairés des vrayes lumieres de la Reli-gion: fentiment digne de ſon zèle; mais qui eſt peut- etre accompagnéd'un peu d'injuſtice, lorſqu'il le porte à juger que ceux dont il loue la pro-bité m'étoient pas attachés de bonne-foi à leurs erreurs,& que P'intéerêet hu-main prévaloit contre le reproche de leur conſcience.
Mag-GREü Toffre qu'on lui fit encore, de le conduire droit en Angleter-re, s'il vouloit attendre l'arrivée de la Flotte Angloiſe,„avec aſſurance,„ dit-Il, dem'y recevoir aucun déplaiſir, quoiqu'il y fůt reconnu Prétre&„ Jéſuite, il réſolut de s'avancer vers„Europe, dans le même Vaiſſeau„ qui FPavoit apporté de Macaſſar. Tous ſes Compagnons de Voyage é-„toient des Hérétiques, dont il ne laiffa pas de recevoir toutes ſortes de„ bons offices. Mais il explique les eeüe⸗ de cette politeſſe. C'étoit aux„ Jéſuites de Goa que les Anglois ſe croyoient redevables de leur traite„ avec les Portugais(i).
Lꝝ vent fut affez favorable aux Anglois pour paſſer le Détroit de la Son-de; mais il devint bien-tot ſi contraire au deffein qu'ils avoient de ſe ren-
dre
lites& qui les yqui Stoient oppoſées à leur éta-II parloit reſpectuenſement des
(b) Pag. 35& ſuiv.
(*) Iid. pag. 41.