9 ½
ROYAUME DE TONQUIN, Lrv. II. 367
dre à Surate, qu'au-lieu d'aller, du cinquisme degré d'clevation auſtrale,droit au Septentrion, où eſt touté PInde, ils furent obligés de s'écarterfort loin& d'aller prendre les vents du coté de Madagaſcar(). Laà, ilstournèrent du cêté de Afrique, comme ſi leur deſſein ct été de ſe ren-dre à la Mer-rouge. Dans cette Navigation, qui dura deux mois,& quifut au mõins de.b mille lieues, ils obſervèrent de meſurer leur courſe,pour arriver à Surate, vers le commencement du- mois d'Octobre, où Ten-trée du Port eſt aiſée. Is y mouillérent le 3 de Septembre.
„ FRANGgoIs Breton, Préſident de leur Comptoir dans cette Ville, yregut magnifiquement le Père de Rhodes. II s'efforga de lui faire accep-„ter un Logement dans ſa Maiſon“;& le voyant déterminé à ſe logerdans celle d'un Capucin Frangois, nommé le Pêere Frangois Zenon, quiexergoit depuis long-tems ſon zele à Surate, non-ſeulement il lui envoyades meubles, mais il lui fournit tout ce qui étoit néceſſaire à ſon entre-tien. Pendant quatre mois que]'Auteur paſſa dans une retraite, qw' il nom-me ſi douce, il vit arriver de Goa quatré Jéeſuites; trois deſquels, nom-més le Pèêre Antoine Botel, Portugais, le Pêre Cesky, Allemand,& le Pè-re Henry Buſcs, Flamand, partirent peu de jours après pour leur grandColléege d'Agra, fondé depuis trente ans par les libéralités d'un riche Ar-ménien. Le quatriéme, qui ſe nommoit le Pêère Torquato Pariſimo, Italien,étoit venu déguiſé en Marchand Anglois, pour ſe rendre au Port de Sua-ken, ſur la frontiére d'Ethiopie, dans le déeſſein d'y ſecourir les Chrétiens.De Rhodes ne difſimule pas les obligations que ce Mifſionnaire et aux An-glois. Non-ſeulement ils favoriſérent ſon entrepriſe, en le recevant dansſeurs Vaiſſeaux; mais ils lui rendirent des ſervices importans à Suaken;&ſfachant que ſa vie étoit ménacée par une conſpiration des Mahométans, ilsprirent ſa défenſe& le ſauvêrent de leurs mains(7).
LE chagrin de ne pouvoir trouver un Vaiſſeau, prêt à doubler le Capde Bonne-Eſpérance, fit prendre à l'Auteur la réſoſution de retourner enEurope par un chemin plus facheux, mais beaucoup plus court. II entre-prit de traverſer la Perſe& la Natolie juſqu'à Smyrne. Les Anglois le re-curent pour la troiſiéme fois dans un de leurs Vaiſſeaux, qui faiſoit voile àComoran. IIs partirent le 3 de Février.
EN paſſant à la vqe d'Ormuz, ils admirèrent le changement qui étoitarrivé, dans cette petite Iſle, depuis qu'ils avoient aide le Roi de Perſeà Penlever aux Portugais. Malgré ſa ſtérilité,& la chaleur exceſſive quilui donne l'apparence d'une fournaiſe, le Commerce y étoit floriſfant, ſousle Gouvernement du Portugal. On y voyoit arriver une quantité ineroya-ble de Marchands, avec les richeſſes de lja Chine, des Moluques, de tou-tes les Indes Orientales, de la Perſe, de Arabie, de TArménie;& l'avan-rage étoit merveilleux pour les Européens, d'y trouver raſſemblé tout ceque la terre a de précieux. Depuis trente ans, P'Iſle étoit entiérement dé-ſerte. Les Perſans avoient tranſporté leur Commerce dans un Port voi-ſin, qui ſe nommoit autrefois Bandelté,& qu'on appelle aujourd' hui Co-moran(m). DE
(E) Ibid. pag. 43& 44.(1) Pag. 50& précedentes.(m) Pag
22
8
81
5
Rmnonrs.1 64v.Sa route.
Il arrive àSurate, oùðeſt bien trai-té.
—
e aAngiloſaLes Anglefavoriſent lesJFéſuites.
1 648.
Retour del'Auteur parla Perſe.Changementd'Ormuz.