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Tome onzième.
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DrsSCRTPTIONDoU ToxouUIN.BARON.1685.L'étude

donne toũ-jours de l'eſ-pérance.

Médecins.

Maladies&reméèdes.

388 VOYACES DANS LE

n'eſt pas une raiſon pour ne plus ſe préſenter dans les autres;& qu'on peuteſpérer, juſqu'à la fin de ſa vie, d' acquérir à force d'etude ce qu'on n'apoint obtenu par les premiers efforts. Ajoùtons qu'il y a quantité d'officesinférieurs, tels que ceux de Secrétaires des Provinces& des Mandarins,qui demandent moins une bouche éloquente qu'une bonne plume().

TAVERNIER a pris dans ſon imagination l'habileté qu'il attribue auxTonquiniens, pour les feux d'artifices& pour les machines. L'éloge qu'ilfait de leur induſtrie eſt un vol qu'il fait aux Chinois, dont ils imitént tortimparfaitement Pexemple. IIs ne réüſſiſſent pas mieux dans la Médecine 8quoiqu ils en étudient Ies principes dans les Livres Chinois, qui leur appren-nent à connoiître& à préparer les ſimples, les drogues& les racines. Laconfuſion de leurs idées ne permet gueres de ſe fier à leurs raiſonnemens.L'expérience eſt la plus füre de leurs rêègles: mais comme elle ne leur don-ne pas la connoiſſance de l'anatomie& de tout ce qui entre dans la com-poſition du corps humain, ils attribuent toutes les maladies au ſang;&F'application de leurs remédes ne ſuppoſe jamais aucune différence dans laconſtitution du corps. Tavernier a cru parler des Médecins Chinois, lorſ-qu'il releve Fhabileté de ceux du Tonquin à juger des maladies par lepouls(). 1b

La peſte, la gravelle& la goutte, ſont des maux peu connus dans cesContrées. Les maladies les pſus communes au Tonquin, ſont la fievre,la dyſſenterie, la jauniſſe, la petite-verole,&c., pour leſquelles on em-ploye différens ſimples,& ſur-tout la diéte& l'abſtinence. La ſaignée s'ypratique rarement,& la méthode du Pays ne reſſemble point à celle deEurope. Ceſt du front que les Tonquiniens ſe font tirer du ſang, avecun os de poiſſon, dont la forme a quelque reſſemblance avec la flammedes Maréchaux Européens. On Papplique ſur la veine; on la frappe dudoigt,& le ſang rejaillit aufſi-tét. Mais leur grand remède eſt le feu,dans la plüpart des maladies. La matièere dont ils ſe ſervent pour cetteopération eſt une feuille d'arbre, bien ſéchée, qu'ils battent dans un mor-tier,& qu'ils humectent enſuite avec un peu d'encre de la Chine. IIs ladiviſent en pluſieurs parties, de la grandeur d'un liard, qu'ils appliquenten différens endroits du corps. IIs y mettent le feu avec un petit papierallumé,& le malade a beſoin d'une patience extréme pour réſiſter à ladouleur(g). Mais quoique P Auteur ait v pratiquer continuellement cet-te méthode,& quiil en ait entendu louer les effets, il n'en a jamais veérifisla vertu par ſa propre expérience. L'uſage des ventouſes n'eſt pas icimoins commun,& s'exerce à- peu-preês comme en Europe; mais on ſeſert de calebaſſes, au lieu de verres.

LES

() Ibid. pag. 17. pouls en trois endroits. Tavernier, qui(F) Ibid. pag. 18.C'eſt une merveil- paroit avoir emprunté ce dernier aricle le, dit Tiſſannier, de voir la ſcience des de Tiſſannier, ne donne pas la même ha- Médecins du Tonquin. IIs n'ont que fort bileté que lui aux Médecins du Tonquin;peu de livres, mais ils les étudient ſi bien, en quoil il eſt aſſez d'accord avec Baron. qufils trouvent méme des remèdes pour R. d. E. les maladies qu'on juge incurables en Eu-(g) Ibidem. rope. Enfin il ajouúte, qu'ils tätent le