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Tome onzième.
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389
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ROYAUME DE TONDUIN, Lv. II. 389

LEs Tonquiniens entendent ſi peu la Chirurgie, que pour les difloca-tions& les fractures des os, ils n'employent que certaines herbes, dontPAuteur vante Peffet. IIs ont un autre remêède, qui conſiſte à réduire enpoudre les os cruds d'une poulc, dont ils font une pàte qu'ils appliquentfur la partie affectée,& qui paſſe pour un ſouverain ſpécifique. Leurs en-fans ſont ſujets à des obſtructions dangereuſes, qui arrétent toutes les éva-cuations naturelles. Leur remêde pour cette maladie eſt un cataplaàme,compoſé de Coakroch& d'oignons rotis, qu'on applique ſur le nombril,&qui a ſouvent un prompt ſuccès(b). Ils prennent, pour d' autres maladies,des coquillages de Mer, réduits en poudre, ſur-tout des Scailles de crab-bes, qu'ils croyent converties en pierres par la chaleur du Soleil,& qu'ilsavallent en potion(1).

LEs Grands ont l'uſage du thé, mais ſans y attacher beaucoup de ver-tu. IIs employent particuliérement un thé du Pays, qu'ils appellent ChiaBang,& qui n'eſt compoſé que de feuilles. Mais ils en ont un autre,nommé Chiaway, qui ne conſiſte que dans les bourgeons& les fleurs d'uncertain arbre, qu'ils font bouillir, apres les avoir fait ſécher& rôtir,&qui forme une liqueur fort agréable. Elle ſe boit chaude; moins pour Futi-lité que pour le plaiſir. L'Auteur accuſe ici Tavernier d'une erreur groſ-ſiére, lorſqu'il donne la préférence au thé du Japon ſur celui de la Chine.Qu'on en juge, dit-il, par la différence du prix, qui eſt de trente pourcent(1).

(b) Pag. 18. mots, aſſez ordinaire aux Imprimeurs? cari) Ibid. il n'eſt pas croyable que Tavernier, quiĩ80 C'eſt-là, en effet, une erreur qui mê- avoit paſſé quarante ans dans les Indes, igno-ritoit d'etre relevée; Mais après tout ne peut- Iaàt cette différence. R. d. E.elle pas provenir d'une tranſpoſition de(1) Lbidem.6. V.

Gouvernement, Loix& Politigue du Tonquin.

L eſt certain que les Tonquiniens ont été de tous tems une Nation dif-férente de celle des Chinois, qui les appellent Manſos, ou Barbares,&leur Pays Gannam(a), parcequ'il eſt ſitues au Sud de la Chine,& que lesHabitans ont beaucoup de reſfemblance avec les autres Indiens, dans leursalimens, dans l'uſage de colorer leurs dents& d'aller pieds nuds,& dansla forme de leur gros orteil droit, qui s'écarte beaucoup des autres doigtsdu pied(b). Mais il ne faut point eſpérer d'éclairciſſemens ſur la mansèe-re dont ce Pays étoit gouverné, avant qu'il devint une Province de la Chi-ne,

(4) Ou plutét Man-nan, c'eſt-à dire, vince s'tendoit depuis le donzième juſqu'auRepor Auſtral; nom qu'on donnoit ancien vingt-troiſiéme degré de latitude ſeptentrio-nement aux Royaumes de Tonquin& de la nale. Lettres Edifiantes, Recueil XXIII.,Cochinchine, dans le tems qu'ils ne for-· pag. 93. R. d. E.moͤient encore qu'une ſeule Province des(b) Pag. 19.

Plus conſidérables de Ja Chine. Cette Pro-Cecc. 3

DrSCRIEPTIONDU ToxQuIN.BARON.1685.Chirurgie.

Thé duTonquin.

Remarques

6S