Band 
Tome onzième.
Seite
402
JPEG-Download
 

DEschFPTIrON

BARON.

1685.

Autres ſec-tes du Ton-quin.

Pluſieursſortes de Ma-giciens.

PremièreClaſſe.

SecondeClaſſe.

DPvU ToNQuIN.

VOVAGES DANSS' L. E

„ ſa méthode. Ainfi jamais aucun ſujet de ſcandale. C'eſt la Religion„ de'Empereur, du Chova, des Princes, des Grands,& de toutes les„ Perſonnes lettrées(b). Anciennement Empereur feul avoit droit de„ faire des facrifices au Roi du Ciel. Mais en uſurpant Pautorité ſouve-„ raine, le Chova s'eſt mis en poſſeſſion de cette prérogative. Dans les„ Calamités publiques, telles que les pluyes ou les ſéchereſſes„ la famine,„ la peſte,&c., il fait un ſacrifice dans ſon Palais. Ce grand acte de Re-„ ligion eſt interdit à tout autre, ſous peine de mort(c)“.

LàA ſeconde ſecte du Tonquin, qui eſt proprement celle du Peuple, desfemmes& des Eunuques, ſe nomme Bout dans le Pays,& n'eſt pas dif-férente de celle de ο(d), qui eſt une véritable idoldtrie. Ses Partifansadorent quantité de ſtatues& croyent la tranſmigration. IIs offrent despréſens& des ſacrifices au Diable, pour détourner le mal qu'il peut leurfaire. Cependant ils ſont auſſi ſans Prétres. Tavernier ſe trompe, ſui-vant l'Auteur, lorſqu'il donne le nom de Prétres à leurs Devins(e), quine ſont qu'une eſpéce de Moines, dont toutes les fonctions ſe réduiſent auſervice des Pagodes& à F'exercice de la Médecine. La plüpart ſubſiſtentdes aumònes du peuple. Le Tonquin a auſſi ſes Religieuſes, qui mênentune vie retirée dans leurs Clottres, d'ou elles ne fortent que pour jouer deleurs inſtrumens de muſique aux funérailles.

Ox diſtingue quelques autres ſectes, mais qui ont fait peu de progres.Cependant celle de Lanzo, qui eſt la fecte des Magiciens, s'eſt acquis l'eſ-time des Grands,& le reſpect du vulgaire. On conſulte ſes Chefs dans lesoccaſions imꝑortantes,& leurs réponfes ou leurs prédictions paſſent pourdes inſpirations du Ciel.

Ox en diſtingue pluſieurs claſſes. Ceux qu'on appelle Thay-bou ſontconfultés ſur thut ce qui concerne les mariages, les édifices,& le ſuccosdes affaires- Leurs réponſes ſont payées libéralement;& pour ſoũtenir lecrédit de ces impoſtures, ils ont l'adreſſe de les envelopper dans des ter-mes équivoques, qui paroiſſent tonjours s'accorder avec l'événement. LesMagiciens de cette claſſe ſont tous aveugles, ou de naiffance ou par acci-dent; c'eſt-à-dire, que tous ceux qui ont perdu la vüe embraſſent la pro-feſſion de Thay-bou. Avant que de prononcer leurs oracles, ils prennenttrois pieéces de cuivre, ſur leſquelles ſont gravés certains caractéres,& lesjettent pluſieurs fois à terre dans un eſpace où leurs mains peuvent attein-dre. Is ſentent chaque fois ſur quelle face elles ſont tombées,& pronon-gant quelques mots dont le ſon ne paſſe pas leurs lévres, ils domnent en-ſuite la réponſe qu'on leur demande(†).

LES Thay-bou-toni font ceux auxquels on s'adreſſe pour les maladies. Ilsont leurs Livres, dans leſquels ils prétendent trouver la cauſe& le réfultatde tous les effets naturels. Mais ils ne manquent jamais de répondre quela maladie vient du Diable ou de quelques Dieux de l'eau. Leur remede or-

dinaire

4⁰½

(b) Pag. 38.

(4*) Pag. 39.

(d) Voyez l'origine& la nature de cetteKeligion, au Tome VIII.

(e) On a déjà falt obſerver que le PèreTifſannier leur donne le mème nom. R. d. E.(T) Pag. 40.