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᷑
Illumination.
Les Jéſuitesvoyent l'Elé-phant Prince.
Obſerva-tions aſtrono-miques faitesà Louvo.
34 VOYAGES DANS L E
2qui pouvoĩt crottre encore. Le Seigneur Conſt aux Jéſuites qu'ils'en trouvoit dans le Royaume de trois fois plus g qu'étant un jour à
la chaſſe avec le Roi, il en avoit vũr un de fort près, qui étoit de la gran-deur d'un mulet. C'eſt une eſpèce particuliere; car le Pays en produi aufſide petits, tels que ceux qu'on apporte d'Afrique en Europe,&'Auteur envit un le même jour à Louvo(p).
On ne lächa d'abord le tigre, qui devoit combattre; mais on le tintattaché par deux cordes; de-forte que n'ayant pas la liberté de s'élancer, lepremier éléphant qui l'approcha lui donna deux ou- trois coups de ſa trompeſur le dos. Ce choc fut ſi rude, que le tigre en ayant été renverſé, de-
meura quelque-tems ſur la place, avec auſſi peu de mouvement que s'il eũtété mort. Cependant lorſqu'on P'ent délié, il fit un cri horrible,& voulut2
ſe jetter ſur la trompe de'éléphant, qui s'avangoit pour le frapper. Ce-mi-ci, la repliant adroitement, la mit à couvert par ſes défenſes, dont ilatteignit le tigre,& qui lui firent-faire un fort grand ſaut en Fair. Cetanimal parut étourdi du coup, ou de ſa chute. N'ofant plus s'approcher,il fit pluſieurs tours le long de la paliſfade;& quelquefois il s'eclangoit versles Spectateurs qui paroiſſolent dans les galeries. Alors on pouſſa, contrelui, les trois éléphans, qui lui donnerent tour-à-tour de ſi rudes coups,qu'il fit encore une fois le mort. Ils l'euſſent tué, ſans doute, ſi Ambaſ-fadeur n'ent demandé grace pour lui-
LE lendemain au ſoir, il fe fit au Palais une grande illumination, qui ſerenouvelle tous les ans. Elle conſiſtoit en dix-huit cens ou deux mille lu-mières, dont les unes étoient rangées ſur de petites fenêtres, pratiquées ex-prés dans les murs de Penceinte,& les autres dans des lanternes, dont l'Au-teur admira l'ordre& la forme; fur-tout celle de certains grands falots, enforme de globes, qui ſont d'un ſeul morceau de corne, tranſparente com-me le verre,& quelques autres d'une eſpéce de verre fait de riz. Ceſpectacle étoit accompagné du ſon des tambours, des fifres& des trom-pettes. Pendant que ſe Roi honoroit de ſa préſence, la Princeſſe en don-noit un ſemblable aux Dames de la Cour, d'un autre côté du Palais().
Lr Seigneur Conſtance fit voir aux Jéſuites PElsphant Prince, qui étoitd'une beauté& d'une groſſeur extraordinaire. On lui donnoit ce nom, par-ce qu'il étoit né le méême jour que le Roi. Ils virent aufſi l'Elépbant de gar-
g, qu'on reléève chaque jour, dans un Pavillon voiſin de l'appartement duRoi,& qu’'on tient pret jour& nuit pour ſon uſage(1).
LE Rol, qui cherchoit à donner ſans ceſſe de nouveaux divertiſſemensaux Frangois, leur fit voir un jour la manière de prendre les éléphans. Maiscet article paroiſſant appartenir à la deſcription générale de Siam, il ne reſ-
te à fuivre ici'Auteur que dans les obfervations que les Jéſuites firent à
Louvo.
Irs les avoient commencses en arrivant dans cette Ville, ſur-tout cellesqui leur étoient néceſfaires pour obſerver exactement une Eclipfe de Lunequi devoĩt arriver le Ir de Decembre. IIs n'avoient puü ſe fervir juſqu' alorsde leurs inſtrumens pour ces opérations, parceque la Ville& les Fauxbourgs
Stolent
(2½) Pag. 219.(4) Pag. 220.(*) Ibidem.