78 vOYAGES DANS L. E
. drn. np. meurérent ſeuls le reſte du jour& la nuit ſuivante. Dans cet entretien, lesII. Voyage. inſtructions des Envoyés Frangois furent examinées,& le Seigneur Con-
1087. ſtance en forma un Mémoire pour le Roi ſon Mattre. H paroit qu'outreEn quoi les vHes générales d'amitié& de commerce, les principaux articles ſe ré-conſiſtoient
les principa- duiſoient à demander une protection particuliére pour la Religion(4);
les inſtruc. deux Places fortes, Bancock& Merguy, pour la garniſon des Troupes Fran-
tions des En. goiſes;& la permiſſion de conduire en France douze jeunes gens, fils des
9G principaux Mandarins du Royaume de Siam, pour y être élevés au Collège
de Louis le Grand(e).
Favorables LE Mémoire du Miniſtre fut porté au Roi de Siam, qui le fit lire dans
ſon Conſeil, où il fut approuvs ſans la moindre oppoſicion. Dès le lende-
5 main, Sa Majeſté envoya ſes ordres au Seigneur Conſtance, avec un plein-
pouvoir d'agir en ſon nom& de ne rien ménager pour'honneur& la ſatis-
faction des Frangois. Une réponſe ſi favorable,& les préparatifs que le
Miniſtre fit auſſi-têt pour aller juſqu' à Bancock au-devant des Envoyés, cau-
ſèrent à Auteur la plus vive fatisfaction qu'il eũt jamais reſſentie. II par-
tit de Siam à deux heures du matin, pour aller porter cette heureuſe nou-
11.,4. velle au Vaiſfeau. IIn'employa qu'un jour& demi à s' rendre. Des bruits
ſoupcons& facheux, qu'on avoit fait courir à Batavia ſur la ſituation de la Cour de Siam
jes inquietu.& ſur les diſpoſitions du Roi, avoient allarmé'Eſcadre Frangoiſe. Le dé-
des des Fran- part myſtérieux de'Auteur,& la lenteur de ſon retour, avoient encore
gois. augmenté ces ſoupgons. IIs devoient étre extrémement vifs à bord de
'Oiſezau, puiſque dans ſon abſence les autres Jéſuites avoient fait des prie-
res publiques, accompagnées des exercices de piété les plus ſolemnels, pour
demander la bénédiction du Ciel ſur leur entrepriſe.„ Auſſi ne vit-on pas
„ plutôt paroitre l'Auteur, qu'on marqua une impatience extréme d'ap-
„ prendre les nouvelles qu'il apportoit. On étoit prêt de ſe mettre à ta-
„ ble, on avoit déjà ſervi: mais les Envoyés ſouhaitérent d'étre inſtruits
„ fur le champ du fuccès de la négociation. Aprés en avoir entendu en gé-
„ néral les principales circonſtances, de la bouche de l'Auteur, ils voulu-
„ rent en lire les particularités dans la lettre du Seigneur Conſtance, qui
Leur joye de„ ne leur laiſſa rien à deſirer. Un dénoüment ſi favorable fut bien-têt ré-
les voir difi.„ pandu dans le Vaiſſeau. Chacun s'empreſſa d'en faire des félicitations à
aar.„'Auteur: mais ſa modeſtie lui fit tout attribuer au caractére noble& gè-„ néreux du Roi de Siam(†)*.
Traité con- ConsraAa;cz avoit formé le projet d'un Traité avantageux aux deux
8— avec les Couronnes, qu'il ſouhaitoit de voir figné avant l'introduction des Troupes
nvoyes. Frangoiſfes dans les Places qu'on a nommées. 1.- Auteur fut obligé de faire
quelques Voyages, pour Ia facilité des explications, parceque les Envoyés
avoient ordre de la Cour de France de ne pas débarquer, avant les Trou-
pes,& que la bienſéance, autant que les Loix Siamoiſes, ne permettoit
pas
(4) Ceci ſemble prouver qu'il n'y avoſit fond des inſtructions,& la Loubere ne lepoint encore de Traité conclu avec ſes Sia- fait pas micux connoitre dans ſa Relation:mois, comme nous l'avons inſinué ci-deſſus, mais on le recueille aiſément de leur récit.pag. 55. R. d. E.(F†) Pag. 184& précédentes.
(e) Tachard n'explique pas nettement le
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