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Tome douzième.
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Seconde Au-dience des

Chapelle deLouvo& ſa

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deaute.

Les Jéſuitesviſitent lesmines d'or&d'argent deSiam.

84 VOAGES DANS L. E

qu'ils appergurent le Roi de Siam qui les attendoit ſur ſon Trne. IIs luifirent auſſi- têôt une profonde révérence, à laquelle ce Prince répondit parune inclination de corps aſſez baſſe. Is en firent une ſeconde en entrantdans la falle, où l'on monte par un eſcalier de ſept ou huit ma 8une troiſiéme, près de leurs ſiéges, avant que de commencer lerment().LE Scigneur Conſtance avoit fait bätir à Louvo une magnifique Cha-pelle, qui n'a pas la plus parfaite régularité de architecture, parce qu'étantfans Architectes, il n'avoit confulté que ſon propre goũt. Mais l'Auteury trouva peu de défauts. Le marbre, ſi précieux, ſi peu connu& ſi eſti-mé dans les Indes, n'y eſt pas épargné. De quelque côoté qu'on y jette lesyeux, depuis le ſommet juſqu'aux fondemens, on n'yy voit que des peintu-res, qui repréſentent les principaux myſtéres de Ancien& du NouveauTeſtament. Elles ne ſont pas exquiſes, mais les couleurs en ſont ſurpre-nantes;& le Peintre, qui étoit japonois de Nation,„ y a fait connor?-„ tre, pour employer les termes de'Auteur, que ſi les beaux Arts étoient„ auſſi cultivés aux Indes qu'en Europe, les Peintres Indiens& Chinois ne„ céderoient peut-être en rien aux plus habiles Maitres de Europe“*. Letabernacle, auquel on travailloit actuellement, devoit être d'argent maſſif.Les ornemens eccléſiaſtiques ſont ſans broderie, mais la matiére en eſt ex-trémement riche. Le tott de la Chapelle eſt triple, à la manière des Pago-des,& couvert du métal blanc qu'on nomme Cain. Une baluſtrade àhauteur d'appui en environne le corps,& la ſépare des deux Maiſons quele Seigneur Conſtance s'étoit fait batir à Louvo. C'eſt une précaution queles Siamois obſervent toüjours,& par laquelle ils prétendent marquer leurvénération pour les lieux ſacrés, en les ſéparant de tous les autres édificesqui ſervent à'uſage des hommes. Au-devant de la porte qui répond à larue, eſt une aſſez grande cour, en forme d amphitéàtre, où l'on monte pardouze ou quinze marches, au milieu de laquelle s'éléève une grande croix depierre, qui devoit étre dorée. L'Auteur admire, avec raiſon, que dansune des principales Villes de la plus ſuperſtitieuſe Nation de l'Orient,où le Roi fait ſa réſidence ordinaire,& qui eſt dévouée à F'idold-trie, qu'on m'y voit que des Pagodes& des Maiſons de Talapoins,les Enfeignes du Chriſtianiſme ayent eté arborées avec tant d'éclat(t).PENDANT que le Roi de Siam combloit les Frangois de careſſes& depréſens,& qu'il leur procuroit tous les amuſemens du Pays, trois Jefuitesayant appris que ce Prince faiſoit travailler à quelques mines d'or& d'ar-gent, eurent la curioſité de les aller voir, pour en rendre compte, ſuivantſeurs inſtructions, à Meſſieurs de Academie Royale des Sciences. Le SieurVincem, François de Nation, à qui le Roi de Siam avoit donné mille écus,pour Pencourager à la recherche de ces métaux, les y mena lui- même,&leur fit voir une partie de ſes travaux. IIs en rapportérent quelques piècesde minéral, qui avoient la plus belle apparence du monde. Mais commeles mines, dont on eſpéere le plus, ne répondent pas toũjours à idée qu'ons'en forme, on prit le parti denvoyer cette matiere en France pour en fai-re

rches;&ar compli-

(r) Pag. 208.(¼) Pag. 211.