Fort bàti parM. de la Ma-
re.
Talat-Caou.
Ban Kiebia-ne.
Tchainat-bourie.
86 VOYXAGES DANS L E
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6 deoI.
que M. de la Mare choiſiſſoit un lieu propre, pour y tracer un Fort de
campagne, de cinquante toiſes de cêôté extérieur, nous nous occupàmesà prendre la variation; ce que nous fimes pluſieurs fois;& toutes nosobſervations donnérent conſtamment, au moins ſept degrés trente minu-tes au Nord-OQueſt. Laiguille du petit demi-cercle en marquoit un peudavantage; mais cet excês pouvoit s'attribuer à ce que nous ne pouvionsplacer ſa bouſſole parallelement à celle de Fanneau, parcequ'on ne pou-voit la détacher comme il ent été néceſſaire. Auſſi, dans la ſuite, nenous ſervimes nous plus que de P'anneau,„ LE 20 au matin, nous commengâmes par prendre la largeur du Me-nam(J), vis-à-vis du grand chemin de Camboye, où le Fort devoit êtrebàti. Nous meſuraâmes un còôté de quarante-cinq toiſes, qui nous donnaun angle de ſoixante-cinq degrés vingt-quatre minutes,&, pour la lar-geur de la Rivieére, quatre-vingt-dix-huit toiſes& un quart. Enfuite,nous montàmes ſur nos eéléphans, pour aller viſiter la Place où le Roi deSiam vouloit faire une Fortereſſe de trois cens toiſes de long ſur deuxcens de large, pour l'oppoſer aux irruptions des Camboyens, des Laos& des Peguans. Nous trouvàmes dans ce lieu, qui eſt à''Eſt quart Sud-Eft dInebourie, ecloigné d'environ deux mille toifes, neuf degrés de va-riation au Nord-Oueſt. Ce fut-la que nous vimes, pour la premieèrefois, des cotoniers, des ouatiers,& des poivriers.„ A peine fümes-nous de retour, que nous penſames à nous rembar-quer, pour aller à la mine. Nous partimes à einq heures du ſoir. Onnous avoit avertis de prendre garde aux crocodiles, qui ſont en grandnombre dans cette partie de la Riviêère. En effet, le lendemain 21, furles ſept heures du matin, dans l'eſpace d'une petite lieue, un peu au-deſfus d'un petit Village nommé Talat-Caou, nous découvrions à chaquepas les veſtiges encore frais, que ces animaux avoient laiſſés ſur la boue,& les marques de leurs ongles imprimées fur la terre, le long de la-quelle ils s toient coulés pour ſe jetter dans les roſeaux qui bordent laRiviere(z).„ A dix heures, nous mimes pied à terre dans un Village nommé Ban-Kiebiane, où nous ne trouvàmes aucune variation. Sur les trois heuresaprès-midi, nous arrivàmes à Tcohainathourie, autre Village, qui, ſuivantle témoignage des Siamois, étoit autrefois une Ville conſidérable& Ca-pitale d'un Royaume. Aujourd'hui, c'eſt une habitation de deux outrois mille ames. Sa ſituation eſt tres-agréable au bord du Menam, quieſt fort large& peu profond dans cet endroit. Nous en meſuràmes lalargeur avec le demi-cercle,& nous la trouvâmes de plus de cent ſoi-xante toiſes. La variation étoit au moins de quarante au Nord-Oueſt.Une montagne, nommée Caou-lem, derrière laquelle eſt la mine d'Aiman,nous reſtoit au Nord-Eſt quart-d'Eſt un peu au Nord.„ LE 22, nous primes la voye de terre, pour nous rendre dans un Vil-lage, qui eſt à ſix ou ſept mille toiſes de Tchainatbourie, droit au Nord.I! eſt ſitus entre deux montagnes, au pied de celle qu'on nomme Cacu-„, Keiai,
(y) Nom de la Rivière qui paſfe à Siam.(2) Pag. 237.