Lecture quece Prince ſefaiſoit faire.
Céréemoniedes ſceaux.
Départ desEnvoyésFrançois.
Raiſon quifait retournerPAuteur enFrance.
90 VONAGES DANS L E
Ponn faire ſceller cette Patente& les Lettres que le Roi envoyoit enEurope,'Auteur ſe rendit avec le Seigneur Conſtance dans un appartementintérieur du Palais, où Fon garde les ſceaux du Roi de Siam. Avant quel'y entrer, ils paſſêrent ſous les fenêtres de celui du Roi, où l'Auteur re-marqua deux choſes. Comme il entendoit diverſes voix, qui chantoientdans une Pagode qui joignoit l'appartement royal, il demanda ce qu'ellesſignifioient. On lui répondit que c'étoit des Talapoins, qui prioient Dieuſuivant Puſage pour la ſanté du Roi,& qu'il y avoit un nombre rèeglé deces Religieux, entretenu par le Roi, pour exercer réguliérement cet offi-ce. En repaſſant au meme endroit, il entendit la voix d'un homme quiliſoit dans la chambre du Roi. II apprit que chaque jour, ce Prince, avantque de ſe repoſer, ſe faiſoit lire diverſes Hiſtoires de ſon Royaume& desautres Etats voiſins, qu'il avoit fait ramaſſer avec beaucoup de ſoin& dedépenſe.
LoRsQv’'II fut entré dans la ſalle où l'on garde les ſceaux, le Manda-rin qui en eſt chargé, prit reſpectueuſement une grande caſſette, dans la-quelle ils étoient renfermés. Aufſi-tôt on entendit des tambours& des inſtru-mens, pour avertir tout le monde de ſe tenir dans une poſture décen-te; I les ſceaux furent portés en cérémonie dans la ſalle d'audience. Lestambours& les trompettes s'arrêtèrent à la porte, ſans diſcontinuer leursfanfares. Conſtance& l'Auteur étant entrés, avec celui qui portoit lacaſſette, trouvérent pluſieurs Mandarins qui attendoient les ſceaux,&qui les ſaluérent d'abord par une profonde inclination. Enſuite Con-ſtance s'approcha du Tröne, où l'on avoit dépofé la caſſette. Il en ti-ra les ſceaux,& les imprima ſur les lettres. Les fanfares redoublèrentaprès cette opération,& les ſceaux furent rapportés avec la même céré-monie(g)..
LE tems que les Envoyés de France pafſèrent à Siam fat employé enfétes, dont ſa deſcription ſeroit inutile, après Pidée qu'on en a dü pren-dre dans la premiere Relation. Ceberet, chargé de faire un Voyage à laCôte de Coromandel pour la Compagnie des Indes, demanda fon audien-ce de congé,& partit comblé d'honneurs& de careſſes. La L.oubere,moins preſſé par fes commifſions, mais fort ennuyé de l'air de Siam, quine lui avoit pas laiſſé preſqu'un moôment de ſantée, penfa bien-tôt auffi àprofiter de la faiſon pour ſon départ. IIl obtint ſes dernieères audiences.L. Auteur, qui devoit retourner en France, au Collège de Louis le Grand,fut appellé pluſieurs fois au Palais,& regut plus familieèrement mille nou-veaux témoignages de Taffection du Roi pour la France& pour ſfa Com-pagnie. II donne une haute idée des préſens que ce Monarque envoyaau Roi de France(b), mais ſans nous apprendre de quoi ils étoient com-Poſés. IH parle ſeulement de trois éléphans, qui étoient pour les trois jeu-nes Princes, fils de M. le Dauphin,& de deux rhinoceros.
AFPRFs avoir pris congé de tous les Jéſuites qu'il laiſſait à Siam, ſansnous donner d'autres lumiéeres ſur leur ſort(i), il partit de Louvo, ſur les
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(g) Pag. 268. 269.(i) On les retrouvera bien ci-après, dans
(⁵) Ceux qui furent faits aux ſeuls En. quelques- unes de nos Additions. R. d. E.voyés, montoient à deux mille piſtoles.
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