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DEs FAReEsS.1688.On retient
leurs Otages.
Travauximmenſes desennemis, du-rant le Siege.
Raiſons quePAuteur ap-porte pourluſtifier ſaconduite.
172 VvVOYAGES DANS L. E
fonds près de leurs Forts. Nous primes droit de cette infraction, pour re-tenir auffi leurs Mandarins qui nous reconduiſoient,& qui devoient nousrépondre de tout nôtre bagage.
Ir eſt preſque incroyable combien de travaux les Siamois ont été obligésde faire durant le Siège. Qutre ce cavalier que, malgré le feu de nòtre artib-lerie, ils avoient élevé contre nous, dans le Fort de OQueſt dont ils é-toient les maatres, ils nous avoient environnés de paliſſades à une petiteportée de canon,& enſuite inveſtis de neuf Forts, d'où ils nous battoientde revers dans toute la Place. Depuis Bancok juſqu'à Pembouchure du Me-nam, le rivage étoit deffendu par pluſieurs autres petits Forts, qu’'ils a-voient conſtruits à deſſein de nous couper les ſecours du dehors. II ſetrouvoit dans ces Forts plus de cent quarante piêces de canon en batterie,qu'ils avoient fait deſcendre de Siam, en ouvrant, à cet effet, un brasde la Rivière, pour éviter de paſſer à nôtre vüe. IIls avoient de plus, parun travail immenſe, garni l'entrée de la Barre, de cinq ou ſix rangées degrosvarbres, plantés en baſſe marée,& qui étoient extrémement fermes.On n'y avoit laiſſé qu'un paſſage fort étroit, qu'on pouvoit aiſément fermeravec une chaine de fer,& qui étoit gardé par quantité de Galères ar-mées. On n'auroit aſſurément pas crü les Siamois capables de toutes ceschoſes: Mais leur fureur, dans les commencemens, étoit ſi grande& ſi gé-nérale, que juſqu'aux femmes même, elles venoient en foule, comme pardévotion, apporter à manger aux Soldats qui travailloient à leurs Forts.IIs étoient de plus aidés de preſque tous les étrangers qui ſe trou-voient dans le Royaume. IIs avoient des Anglois& des Portugais, pourcommander leurs Bätimens à lentrée de la Rivière; des Hollandois pourtirer leurs bombes;& nous étions bloqués, outre Armée des Siamois,par les Peguans, les Malais, les Chinois, les Maures,& autres, qui a-voient chacun leurs Forts ouù ils étoient retranchés.
A la vérité, il eüt été facile d'empéecher la conſtruction de ces Forts,ſi nous efſſions el fuffifſamment de la poudre; mais j'aimai mieux laménager& gagner du tems, que de me mettre, au bout de ſept à huitjours, hors d'etat de repoufſer les ennemis, s'ils en fuſſent venus à un aſ-ſfaut;& la ſuite a bien fait voir, qu'on fte pouvoit pas prendre un autreparti dans les malheureuſes circonſtances où nous nous trouvions; D'un cô-té il paroiſſoit fort incertain, ſi leurs propoſitions étoient ſincères; mais dePautre, il étoit trés-certain, que ceòdt été tout perdre que de nepas les écouter. C'eſt ce qui me faiſoit ſouvent dire à la plüpart des Offi-ciers, qui ne reſpiroient que feu& flamme, que nous ſerions toũjours à temsde faire le coup de deſeſpoir; mais que le tems pourroit produire ce quenous n'oſerions eſpérer de tous nos efforts trop précipités. Je faiſois aſ-ſez ſcavoir à nos ennemis, par les lettres que je leur écrivois, que s'ilsmagifſoient de bonne-foi,& ne m'accordoient mes demanges, je commen-cerois par faire ſauter leur Fort, crever tous leurs canons de fonte quepavois à ma diſpoſition;& qu'enſuite jirois avec toute ma Garniſon fon-dre fur eux; leur demandant en ce cas Punique grace de ne faire quartierà aucun Frangois, comme je leur promettois de n'en point faire à au-cun Siamois qui tomberoit entre mes mains. Mais je ne croyois pas qu'il
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