DzschmrrorDo RovxAcCnlknE SIAM.
Meubles duRoi.
Vaiſſelleroyale.
Alimenscommuns duPays.
198 VOAGESDANSL E
dans un coco qui brule en même-tems,& qui par conſéquent ne ſert qu'unefois: mais le riz acheve de cuire, avant que le coco foit tout-à-fait con-ſumé(g).
LEs fallons, que les Envoyés de France virent dans les Palais de Siam& de Louvo, étoient revêtus d'un lambris verniſſé de rouge, avec quel-ques filets& quelques feuillages d'or. Les planchers étoient couverts detapis de pied. La Loubere vit, à Louvo, la falle de Paudience déja toutegarnie des glaces de miroir, que'Eſcadre Frangoiſe avoit apportées au Roi.II décrit la ſalle du Conſeil. Dans le fond, dit-il, il y avoit un ſopha, dela forme d'un grand bois de lit, avec ſes quenouilles, un fond,& ſestringues, le tout reveétu d'une lame d'or,& le fond couvert d'un tapis;mais ſans ciel, ſans rideaux,& ſans aucune autre ſorte de garniture. ATendroit du chevet étoient en pile, les couſſins ſur leſquels le Roi s'ap-puyoit. Le mur, à droite du ſopha, offroit un beau miroir, que le Roiavoit envoyé au Roi de Siam, par le Chevalier de Chaumont. On voyoitencore pour unique meuble, un fauteuil de bois doré, dans lequel ce Prin-ce ſe montra aux Envoyés,& un Tiab, c'eſt-à dire une coupe pour le bé-tel, haute d'environ deux pieds, revetue d'argent fort travaillée,& doréen quelques endroits(h).
DANs tous les repas que les Envoyés firent au Palais, ils virent une aſ-ſez grande quantité de vaiſſelle d'argent; ſfur-tout de grands baſſins ronds& profonds, dans leſquels on ſervoit de grandes boëtes rondes, d'environun pied& demi de diamêtre. Elles étoient couvertes,& leur patte étoitproportionnée à leur groſſeur. Ces boëtes contenoient le riz. On ſer-voit, au fruit, des affiettes d'or, qui avoient été faites exprès pour lesfeſtins que le Roi avoit donnés au Chevalier de Chaumont. A la table dece Prince, on ne ſert jamais en vaiſſelle plate. On croit qu il eſt de ſadignité de ne lui rien preſenter que dans des vaſes profonds. D ailleurs,ſa vaiffelle la plus ordinaire, fuivant l'uſage de toutes les Cours d'A-ſie, eſt de la porcelaine, qu il tire abondamment de la Chine& du Ja-pon(1).
DANs un climat ſi chaud, les Siamois mangent peu; par la même rai-ſon que nous mangeons moins en Eté qu'en Hiver. Un Siamois fait bonnechêère avec une livre de riz par jour, avec un peu de poiſſon ſec ou ſalé,ce qui ne lui revient pas à plus de deux liards. L'arrak, ou Feau-de-vie deriz, ne coute à Siam que deux ſous, la pinte de Paris. On ne ſera pas ſur-pris que les Habitans du Pays ayent ſi peu d'inquietude pour leur ſubſi-ſtance,& qu'on n'entende le ſoir que des chants& des cris de joye dansleurs maiſons. IIs ont peine à faire de bonnes fſalaiſons, parceque les vian-des prennent difficilement le ſel dans les régions trop chaudes. Mais ilsaiment le poiſfon mal falé,& le poiſſon ſec plus que le frais. Leur goũtparodt meme afſez vif pour le poiſſon pourri, comme pour les œufs cou-vés, pour les ſauterelles, les rats, les lezards,& la plùpart des inſectes.La Nature ſemble tourner leur appetit aux alimens les plus faciles à dige-
rer(*). LEURS(g) La Loubere, pag. 102.(i) Le méme, pag. 104.(⁵) Le méme, pag. 103.(&) Ibid. pag. 105.