DascharPrIoNDU RovAUMEDE SIAM.Leurs me-
ſures.
Leurs poids& leurs mon-noyes.
Baſſe mon-noye.
220 VOXAGES DANS L Eceux qui ſont dans cette miſère, on n'employe point effectivement d'autre
meſure que le bras.
CEPENDANT ils oönt leur braſſe, qui n'eſt que d'un pouce au-deſſous denôtre toiſe. IIs s'en ſervent dans les edifices, dans l'arpentage,& parti-culierement à meſurer les chemins& les canaux oùðl le Roi paſſe. Ainſi,de Siam à Louvo, chaque lieue eſt marquée par un poteau, ſur lequel lenombre eſt écrit. Le meme uſage s'obferve dans'Indoſtan, où Berniernous apprend que les cos, ou les demie-lieues, ſont diſtingués par des tou-relles ou par de petites pyramides. Le coco ſert de meſure à Siam, pourles grains& pour les liqueurs. Comme ces eſpèces de noix ſont naturel-lement inégales, on meſure leur grandeur par la quantité de coris qu'ellespeuvent contenir(m). Un coco ne contiendra que cing cens coris, tan-dis qu'un autre en contient mille. Cependant on a pour les grains uneeſpèce de boiſſeau, qui ſe nomme Sat, compoſé de bambou- entrelaſſéẽ,&une ſorte de cruche nommée Canan, pour les liqueurs. Mais comme cesmeſures ne ſont rêglées par aucune Loi, elles ne ſont admiſes dans les mar-chés qu'aprés avoir été meſurées avec un coco, dont on a reconnu la ca-pacité par les coris:& l'on ſe ſert d'eau, ou de riz, pour meſurer le ca-nan& le ſat avec le coco. Le quart du canan ſe nomme Leeng. Quaranteſats font le Seſte,& quarante ſeſtes le Cobi(n).
IL. n'y a pas plus d'exactitude dans les poids. On leur donne en généralle nom de Ding. Les piéces de monnoye ſont les poids les plus fideèles&preſque les ſeuls qui s'employent dans le Royaume, quoique ſouvent lamonnoye de Siam ſoit fauſſe ou legere. Aufſi les poids particuliers& lesmonnoyes portent les mêmes noms.
Tovrns les monnoyes d'argent Siamoiſes ſont de la méême figure&frappées au mêeme coin, ſans autre différence que celle de leur grandeur.Leur figure eſt celle d'un petit cilindre, ou d'un rouleau fort court, telle-ment plié par le milieu, que ſes deux bouts reviennent'un à côté de lau-tre. Leur coin, qui eſt double ſur chaque piéce, au milieu du rouleau, nerepréſente rien qui ſoit connu des Européens,& que les Siamois mêmeayent pü expliquer à la Loubere. La proportion de cette monnoye à lanötre, eſt que leur Tical, qui ne peſe qu'un demi écu, ne laiſſe pas de va-loir trente-ſept ſous& demi. IIs n'ont pas de montre d'or ni de cuivre.L'or à Siam, eſt une marchandiſe de commerce; il vaut douze fois Targent,lorſque les deux métaux ſont d'egale fineſſe.
1.à baſſe monnoye de Siam conſfiſte dans les petits coquillages, que lesEuropéens ont nommé Coris,& les Siamois Bia. Un Fouan, qui eſt la hui-tiéeme partie d'un tical, vaut huit cens coris; c'eſt-à-dire, que ſept ou huitcoris valent à peine un denier(°).
(m) Petits coquillages, qui ſervent de(n) Gervaiſe dit que le ſeſte de riz peſebaſſe monnoye à Siam& dans pluſieurs au- cent Catis, c'eſt-à-dire, deux cens vingt-cinqtres endroits des Indes,& qui ne ſont pas ſen- de nos livres.ſiblement plus grands l'un que l'autre. Voyez(°*) Ibid. pag. 223& précédentes.la Deſcription des Maldives au Tome X.
§. 11L.