DesckiPTIoNDU RoVvAUMEDE SIAM.
Chaiſes àporteurs, ouPalanquins deSiam.
Côommenton conduitles Elephans.
Voituresd'eau.
Balons&.,
leur forme.
Ce que c'eſtqu'une pa-gaye.
226 VOXAGES DANS LE
par des hommes, il entre auſſi dans cette voiture, par une fenetre, ou parune terraſſe. Jamais ſes Sujets ne le voyent de plain-pied. C'eſt un hon-neur réſervé à ſes femmes& aux eunuques du Palais.
LEs chaiſes à porteurs, de Siam, n'ont aucune reſſemblance avec lesnôtres. Ce ſont des ſièges quarrés& plats, plus ou moins elevés, qu'ilspoſent& qu'ils affermiſſent ſur des civieères. Quatre ou- huit hommes, carja dignité conſiſte dans le nombre, les portent ſur leurs épaules nües,&ſont fuivis par d'autres hommes qui les reléèvent. Quelques-unes de ceschaiſes ont un doſſier& des bras, comme nos fauteuils. D'’autres ſont en-tourées ſimplement d'une petite baluſtrade, d'un demi-pied de haut, àl'ex-ception du devant, qui eſt ouvert, quoique les Siamois s'y tiennent toũjoursles jambes croiſées. Les unes ſont découvertes; d' autres ont une impéria-le. Dans toutes les occaſions où les Frangois virent le Roi de Siam fur uneléphant, ſon ſiege étoit fans impériale& tout ouvert par-devant. Auxcôtés,& par derrière, s elevoient juſqu'à la hauteur de ſes épaules, troisgrands feuillages dorés, un peu recourbés en dchors par la pointe. Maisſorſqu' il s'arretoit, un homme à pied le mettoit à couyert du Soleil, avecun fort haut paraſol, en forme de picque, dont le fer avoit trois ou quatrepieds de diamétre;& ce n'étoit pas une petite fatigue de le tenir, lorſque levent donnoit deſſus. Cette ſorte de paraſol, qui n eſt que pour le Roi, ſenomme Pat-Lécuk.
Ox a l0, dans le premier Voyage de Tachard, comment les Siamoismontent ſur leur Gléphant. Ceux qui veulent le conduire eux-mémes ſemettent comme à cheval ſur ſon cou, mais ſans aucune ſorte de ſelle. IIslui picquent la téte avec un pic de fer ou d'argent, tantòt à droite, tantòtà gauche,& quelquefois au milieu du front, en lui diſant de quel côté ildoit tourner, quand il doit s'arréter,& ſur-tout quand il faut monter oudeſcendre. Cet animal eſt fort docile à la voix. Si Pon ne ſe donne pasla peine de le mener, on ſe place ſur ſon dos, ou dans une chaiſe, ou méè-me ſans chaiſe;& comme aà poil, ſi Pon peut employer ce terme pour unanimal qui n'en a point. Alors un domeſtique, qui eſt ordinairement ce-lui qui a ſoin de le nourrir, ſe met ſur ſon col& lui ſert de guide. Quer-quefois un antre homme ſe place ſur ſa croupe.
MaArs quoique Fuſage des éléphans ſoit ſi commun parmi les Siamois,leurs voyages les plus fréquens ſe font par eau, dans une eſpèce de Barquesqu'ils nomment Balons. Le corps d'un Balon n'eſt que d'un ſeul arbre, longquelquefois de ſeize à vingt toiſes. Deux hommes afſis, les jambes croi-ſées, l'un à cêté de'autre, fur une planche qui traverſe le Baſon, ſuffiſentpour en occuper toute la largeur. Lun pagaye à droite,& lautre à gau-che. Pagayer c-'eſt ramer avec la pagaye, eſpèce de rame courte, qu'ontient à deux mains, par le milieu& par le bout. Elle meſt point attachéeau Balon;& celui qui la manie a le viſage tourné du cõté vers lequel il sravan-ce, au-lieu que nos Rameurs tournent le dos à leur route. Un ſeul Baloncontient quelquefois cent ou ſix-vingt Pagayeurs, dans le même ordre; Ceſt-a.dire, ranges deux à deux& les jambes croiſées ſur leurs planches. Maisles Officiers fubalternes ont des Balons beaucoup plus courts,& par confé-quent moins de pagayes. Scize ou vingt font le nombre ordinaire. L. es
Pa-