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Tome douzième.
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ROYAUMES VOISINS DE SIAM, Lrv. II. 289

le Commerce étoit aſſez bien établi entre ſes Etats& ceux de Siam& de laChine, quoique la communication m'y fut pas fort favorable, à cauſe desmontagnes qui ſont entre-deux,& qu'on ne paſſe pas ſans danger des bêtesSroces. Ces voyages ſont d'ailleurs de fort long cours. Les Siamois met-tent ſouvent quatre ou cinq; mois pour venir,& trois pour s'en retour-ner chez eux. IIs ont de petites charettes attelées de bufles, dont ils ſeſervent pour amener leurs marchandiſes, qui conſiſtent la plùpart en toutesſortes d'toffes rayées, qu'ils échangent contre de l'or. On voit quelque-fois arriver juſqu'à cent de ces charettes enſemble, comme une eſpece deCaravane. Les Chinois viennent tous les deux ans une fois à Meunswa, lieurenommé ſur les frontières du Pegu, odù ils deſcendent la Rivière dans desPirogues,& y apportent auſſi de belles étoffes de ſoye.

CE Royaume produit une grande quantité de benjoin, dont l'eſpèce eſtplus parfaite qu'en tout autre endroit de l'Orient. On y trouve beaucoupd'or, du muſc, de la gomme-lacque, des cornes de rhinoceros, des dentsd'cléphans, des peaux de cerfs ou d'autres animaux,& de la ſoye. Lesmarchandiſes qui ſe débitent le mieux dans le Pays, ſont toutes ſortes d'e-toffes ray6es& de ſoye, le corail de la Chine, le fer,& principalement leſel, qui fe paye au poids de vor. Les vivres ſont ici en abondance& à vil prix.

LEs revenus du Roi conſiſtent, pour la plus grande partie, en or, engomme-lacque, en benjoin, en dents d'éléphans,&c. Cent familles ſont ta-Xges à lui fournir entr'elles un quart de livre d'or, par année; ce qui, vi lamultitude des Habitans, ne laiſſe pas de former un objet très-conſidérable.Mais l'entretien des Pagodes en eſtun autre, qui]'abſorbe preſqu'entiérement.

LE Roi eſt indépendant,& m'a d'autres loix que ſa volonté qui eſt pai-ſiblement ſuivie par ſes Sujets. II n'y a que trois charges ou dignités prin-cipales dans le Royaume, dont le Gouvernement eſt reparti entre ceux quien ſont revétus, ſous le titre de Tevinia. Celle de Viceroi général eſt la pre-miere. A la mort du Roi, il diſpoſe de tout comme Souverain, juſqu'à-ce que ſon Succeſſeur ait été reconnu;& s'il ne ſe trouve point d'héritierslégitimes, il eſt le premier qui peut aſpirer à la Couronne, parceque la con-tume des Laos n'accorde aucun droit aux enfans des concubines. Cet Offi-cier étoit Gouverneur de Winkjan,& de la Province qui produit le ben-join. Le ſecond avoit le Gouvernement de la Province de Namnoy, queſes mines d'or rendent la plus riche du Royaume. Son pouvoir égaloitpreſque celui du premier; mais l'autorité du troiſiéme étoit plus bornée.Ces trois Vicerois gouvernoient le Pays avec beaucoup d'ordre& de ſageſ-ſe. IIs ſe contentoient de faire au Roi, tous les deux ou trois mois, unrapport général de ce qui s'étoit paſſé dans leur département. Le PereMarini, qui diviſe le Royaume de Laos en ſept Provinces, leur donne au-tant de Vicerois particuliers, qui ont, dit-il, un pouvoir égal, chacun dansle Gouvernement qu'on lui confieé. Ces Provinces ont leur milice particuliè-re, qui ſubſiſte des revenus qu'on lui aſſigne en tems de paix comme en

tems de guerre(). Au rapport des Hollandois, le Roi de Laos peutmettre, en cas de beſoin, une Armée de quatre-vingt mille hommes encampagne. CAM-

(2) La Martiniéere, Relation nouvelle du Royaume de Laos.

XII. Part. 00

RovAUAHEsg

DE LAOs ETDE CAMBOVYA.

Son Com.merce.

Ses produc-tions.

Revenusdu Roi.

Gouverne-ment du Pays.