BrEAUIL.IEv.
1I1620.
Obſerva-tions de Beau-lieu ſur Ti-kou& lePays voiſin.
300 VOYAGE D E BEAULIE U
Port de Surobaya, qui appartient, comme Tikou, à''Ifle de Sumatra; maisil ajoütoit, que profitant de cette rencontre pour continuer ſa route, il eſ-péroit q'arriver bien-tõt à bord du Vice-Amiral,& d'’'être informé par ſesPropres Yeux.
DARs Pintervalle, le Roi d'Achem, averti de l'arrivée des Frangois, a-voit fait prier Beaulieu de ſe rendre dans ſon Port, avec des offres de faveurpour ſon Commerce& pour ſa Nation. Les troubles de Bantam& la diſ-grace du Vice-Amiral le déterminèrent à profiter de cette ouverture. Apréesavoir détaché, dans la Patache, vingt hommes ſous le commandement duCapitaine du Buc, pour aſſiſter Gravé, ſoit à retourner droit en France, s'iltrouvoit le moyen de ſe charger à Bantam, ſoit à ſe rendre aufſi dans lePort d'Achem, il quitta Tikon, le 3 de Janvier 1621. Ce ne fut pasſfans y avoir fait quelques obſervations, qu'on ne lit dans aucun autreVoyageur(t).
La hauteur de Tikou eſt de vingt minutes au Sud de la Ligne(v). ELePavs eſt tres haut dans P'intérieur des terres,& fort bas ſur le bord de laMer. II eſt couvert d'arbres,& bien arrofé de pluſieurs petites Rivières,qui le rendent marécageux,& qui forment quantité de belles prairies, oùFon voit paitre continuellement un grand nombre de bufles& de bœufs.II m'eſt pas moins riche en volailles. On y trouve auſſi fort abondammentjles meilleurs fruits des Indes; mais ſfur-tout beaucoup de poivre, qui faitſa principale richeſſe. Avec tant d'avantages, la Ville n'eſt pas conſidéra-ble. Elle n'eſt éloignée de la Mer que d'une demie lieue. On voit, ſurle rivage, quelques maiſons, accompagnées d'une ſorte de halles, qui ſontvis-A-vis d'une petite Ile où les Vaiſſeaux demeurent à l'ancre. Toutes lesmaiſons de Tikou, en y comprenant celles du rivage, ne montent pas à-
plus de huit cens; la plüpart bäties de roſeaux& ſans aucune odité.Mais Pintérieur du Pays eſt fort peuplé, ſur-tout le pied des nes,
ouù croit le poivre. Les Habitans de la Ville font Malais;& ſur toute laCôte, juſqu'au pied des montagnes, on ne parle pas d'autre langue quecelle qui porte auſſi ce nom. Plus loin, P'Ifle eſt habitée par des Peuplesidolätres, qui ne reconnoiſſent point le Roi d Achem,& qui ont leur Jan-gage& leur Roi particuliers. Ils poſfédent les mines d'or, qui produiroientbeaucoup s'ils avoient plus d'habileté à les cultiver; mais ils ne recueillentles parties de ce métal que dans les ravines d'eau, ou- dans quelques peti-tes foſſes qu'ils creuſent pour les arrèter. Ils échangent leur or, avec lesHollandois ou les Infulaires de la Cête, pour du ſel, du fer, des pagnesrouges de coton,& pour des perles, qui ſe vendent bien à Tiköu. LesMalais ſont Mahométans,& leur attachement pour cette ſecte va juſqu'àla ſuperſtition; cœe qui n'empeche pas que leur goüt pour le vol ne rende-le ſéjour du Pays fort dangereux. L. air d ailleurs en Deſt mal-ſain, ſur-toutdepuis le mois de Juillet juſqu’à la fin d'Octobre. II y rêégne des fieévres. mor-
(t) Cette Place eſt célébre néanmoins(v) Suivant d'autres obſervations, cettedans tous les Journaux des Voyageurs Mar- hauteur n'eſt que de quinze minutes. Va-chands. Voy. ci-deſfous la Deſcr, de Su- lentyn la met à quarante. K. d. E.matra.
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