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Tome douzième.
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Précautionsque la pru-dence Iui faitprendre.

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02 VvOYAGE DE BEAULIE; U

„ ILs m'adviſerent qu'ils ſavoient de certain, que les Hollandois& les

Apglois avoient réſolu de m'empoiſonner,

& diſoient favoir celà de ce-

9„ lui mémeé à qui ils avoient ordonné d appréter le morceau, qui étoit un„ Cappade, ou chatré, demeurant en la maiſon des Anglois&X à leur ſervi-

„ ce(a). Je les remerciai de Favis,& leur dis que je ne croyois pasqu'en la maiſon des Anglois on voulùât me jouer ce tour-la; toutefoisSur celà ils me dirent qu'ils ſavoient

qui eétoit par mon moyen,&je leur dis que je ne

„ M. Kenoud, Prêtre, m'avoit aver-

de mon équipage, nommé la Caraque, lui avoit dit en-Je füs voir quelques maiſons, qui ne m'ac-

Madltre Robert, me fit très-bonne récep-& je ne m'appergus point qu'ils me

ſuis trouvé fort mal. Depuis dixj'ai fait plus de qua-de

tellement que craignant que T'avis des Portugais ne

fuſſe extrémement las& debile, je ne

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„ que je m'en donnerois de garde.

„ bien que p'irois diner aujourd'hui,& que je n'y allaſſe pas:& quelques-„ uns d'entr'eux m'en prioient avec grande affection, diſant qu'il leur reſtoit„ une ſeule eſpérance de ſortir de captivité,

„ ainſi qu'ils avoient intérèt à ma conſervation(b).

8. pouvois m'excuſer d'y aller aujourd'hui, puiſque javois promis. Envi-„ ron deux heures avant ce rencontre

„ ti qu'un Matelot

„ viron la meme choſe(°).

„ commodoient point,& de-là je fus diner en la maiſon des Anglois(4);„ le Capitaine de laquelle, nommé ce-„ tion,& encore meilleure chere:

„ donnaſſent rien à boire& à manger, qu'ils n'en ufaſſent de meme..„ Le lendemain, 2 de Février, je me

„ heures du matin juſqu'à quatre heures de relevée,

„ rante felles;& depuis quatre heures de relevée juſqu'à minuit,

„ grands vomiſſemens:

„ ft véritable, j'ai pris du cocos des Maldives, qu'on tient par dega pour„aſſuré contre-poiſon, avec du bezoard;& le lendemain prins encore de„Cette médecine:& encore que je

„ laiſſai d'aller à terre

Braurmv prit une grande maiſon fur le bord de la Rivieère, après êétre con-venu de payer cinquante piaſtres par mois pour le prix du loyer;

dans la ré-

ſolution d'éviter toute ſorte de commerce avec des amis ſi dangereux. II

comprit qu'ayant non-ſeulement à défendre ſa vie contre

leurs artifices,

mais à détruire les préventions qu'ils pouvoient avoir inſpirées au Roi d'A-

chem& à ſes Officiers, il ne

il pofſible d'imaginer, que deux Chefs, di-vités entr'eux par des intérêts oppoſés,ſe fuſſent réẽũnis, avec tant de concert, pourperdre un homme qui ne devoit pas leurcauſer beaucoup d'ômbrage? K. d. E.(a) Quelle apparence que des Hollan-dols& des Anglois, ſe ſeroient voulu ſervirdu miniftère de gens dont la fidélité leur eſt

tonjours fuſpecte? D'ailleurs le Cappade n’'e-toit pas croyable ſur ſa ſimple parole, ſuppo-ſe qu'il ent fait cette confidence aux pri-ſonniers. R. d. E.

(b) Ce ſeul motif ſemble en dire aſſez.R. d. E. 7

devoit rien épargner pour ſe faire un Protec-

teur

(c) D'on ce Matelot pouvoit-il l'avoirappris, ſi ce n'eſt des Portugais méêmes, qui

tant d'imteret à divulguer la choſeR. d. E.

avoientparmi les Frangois.

(à) C'étoft une imprudence inconceva-ble, d'expoſer ainſi ſa vie, après les avisqu'on lui avoit donnés. R. d. E.

(½) Pag, 47. Laccuſation d'empoiſon-nement elt répétée dans quelques autresendroits du Journal. Cependant il ſembleque le témoignage de quelques Matelotsn'emporte pas conviction. La maladie mé-me de Beaulieu pouvoit être Feffet de 1abonne chêre.