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Tome douzième.
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314
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DER L ILE DESUMATRA.

DrschPrIoN

314 VOYAGE DE EEAULIEU

De ſcription de Ple de Sumatra.

Gn(4), Hle plus grande que'Angleterre&„'Ecoſſe, s'etend

depuis la pointe d-Achem, à cinq degrés& demi de lat tude du- Nord,jufqu'au Détroit de la Sonde, vers cinq dégrés& demi du Sud, ce qui fattenviron trois cens lieues Frangoiſes pour ſa longueur. Elle eſt un peu pluslarge du côté du Sud que de celui du Nord;& Beaulieu lui donne, l'un Por-tant autre, foixante- douze leues dans cette dimenſion. Lintérieur N0

Pays eſt rempli de hautes montagnes; mais proche de la Mer, la plus gran-

de partie de'Ifle eſt bafſe,& ne manque ni de bons pâturages, ni qT'excel-lentes terres pour le riz& pour tous les fruits des Indes. Elle eſt arroſẽede pluſieurs belles Rivieres, entre leſquelles on diſtingue par leur grandeur,

celles de Cimquel, de Barros, de Daya, d Achem, de Pedir, de Jamnbi,& d'-Im

Situationd'Achem.

Productionsde ſon terroir.

drapoura. Les petites ſont en ſi grand nombre, qu'elles rendent la terre con-tinuellement humide,&, dans quelques endroits, fort marécageuſe; indé-pendamment des pluyes, qui commencent réguliérement au mois de Juin,& qui ne finiſfent que dans le cours d' Octobre. L air eſt dangereux alorspour les Etrangers, principalement dans les parties les plus proches de la LI-gne, telles que le Pays de Tikou& de Paſaman. Les Achemois mêemes n 2demeurent pas fans crainte, fur-tout pendant la ſaiſon des pluyes. Les vehtsd'Oueſt, qui régnent alors fur cette Cote, s'y rompent avec de grandstourbillons,& d'horribles tempeétes. Des calmées ſuccédent preſquetout d'un coup, pendant leſquels'air n'étant plus agité,& la terre com-tinuant d'eétre abreuvée de pluyes continuelles, le Soleil attire des vapeurs trés-puantes, qui cauſent des fievres peſtilentielles, dont Leffer lplus commun eſt d'emporter les Etrangers dans eſpace de deux ou- troisde leur Jaiſſer des enflures douloureuſes.& tres-difficiles à gue-LàA Ville d'Achem étant à la pointe du Nord, on yreſpire un air plus puf& plus tempéré. Elle eſt ſituée ſur une Riviere de la grandeur de lja Som.me, à la diftance d'environ une demie lieue du rivage de la Mer, au milielsd'une grande vallée large de fix lieues. La terre eſt capable d'y produiretoutes fortes de grains& de fruits; mais on n'y ſême que du riz, qui eftprincipale nourriture des Habitans. Quoique les cocotiers y foyent les ar-bres les plus communs, on y trouve, comme dans le reſte de FPIſle, toufles arbres fruitiers des Indes; mais peu de léegumes& d' herbés potageres,Les päturages, qui ſont d'une beauté admirabſe, nourriſſent quantité de bu-fles, de bœufs& de cabris. Les chevaux y ſont en grand nombre, maisde petite taille. Les moutons my profitent point. IL.abondance des Pou-les& des canards eſt extraordinaire. On les nourrit avec. ſoin, pour

vendre les wufs. Beaulieu parle avec étonnement du nombre des ſangliers,qu'il appelle infini. Iis ſe tröuvent, dit-il, dans les campagnes, dans 5.

la Taprobane des Anciers?

(a) Beaulieu, ſe renfermant dans les bor- de Salomon,nes d'un Voyageur, laiſſe aux Savans leſoin d'examiner fi'Ille de Sumatra eſt]'Opbir

&c.(b) Pag. 96.