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AUX INDES ORIENTALES, Lrv. II. 331
nale de PIſle, qui borde le Détroit de la Sonde, on rencontre de vaſtesdéſerts, dans l'étendue d'environ cinquante miles, où l'on ne trouve que leVillage de Dampin,& une Ville nommée Lampon, fort bien peuplée. LesHabitans parlent une langue particulière,& fſont ſomis au Roi de Ban-tam, de-même que les Peuples du Pays de Sillebar, ſur la Còôte occidentalede'Iſle. Aprés Sillebar, en remontant au Nord vers la Ligne, on vientà Bancoulo, Bourg qui appartenoit autrefois aux Hollandois, mais où lesAnglois ſe ſont établis dans une Loge bien fortifiée. Bancoulo eſt fituépar les trois degrés& demi de latitude méeridionale. Un degré plus loin,au Nord, ſuit Indrapoura, Ville Capitale d'un Empire de ce nom, gouver-né par un puiſſant Prince, quoique la plüpart de ſes terres ſoyent ſous laprotection de la Compagnie Hollandoiſe, qui a ici une Loge, où l'on ap-porte le poivre des environs. L'air y eſt fort mal-ſain,& Ies Naturels duPays ne s'en plaignent pas moins que les Etrangers. Plus avant dans lesterres, eſt un autre Empire, connu ſous le nom de Manincabo,& dont ladomination s'étend non-ſeulement ſur le haut Pays, mais encore le long dela Côote, où le Chef du Comptoir Hollandois de Padang, commande enqualité de Stadhouder de lEmpereur, avec lagrément de la Compagnie.Ce Prince ne deſcend jamais de ſes montagnes; mais il envoye bien detems en tems un de ſes fils, ou quelqu'un de ſes Courtiſans, pour traiteravec les Officiers de la Compagnie Hollandoiſe, qui poſſêde elle-mêmebeaucoup de terres en propre dans cette Contrée, depuis Chinko ou Sinkel,juſqu'à Sillebar, qui en ſont les limites au Nord& au Midi. Il ſeroit en-nuyant de rapporter d'après PAuteur, les ſimples noms d'un grand nombrede lieux qui ne ſe trouvent pas meme dans la plüpart des Cartes. Oncompte, entre ces limites, prês de ſoixante Bourgs ou Villages, qui don-nent leurs noms à autant de Rivières ſur leſquelles ils ſont ſituss. Une par-tie de ces diſtricts livre de l'or,& Tautre du poivre. Du Comptoir dePadang, dont le Chef porte le titre de Commandeur, dépendent quelques au-tres moindres Comptoirs de cette COte. La plùpart des Peuples qui''ha-bitent, depuis Sillebar, juſqu'au-delà de la Ligne, ſe ſont mis volontaire-
ment ſous la protection de la Compagnie, qui les a regus à titre d'Alliés.Cxsr principalement dans cette Contrée qu'on trouve ce fable d'or quidiſtingue''Ifle de Sumatra de tous les autres Pays des Indes Orientales. IIy a quantité de montagnes qui ſont remplies de ce précieux métal, ſur-tout au milicu de IIſle; mais les Peuples ne ſe donnent pas la peine dechercher les plus riches mines. Ils ſe contentent de viſiter les torrens, aprèsles groſſes pluyes,& de fouiller dans le gravier& parmi les pierres, ouùils rencontrent ſouvent des pieces de différentes grandeur, d'or tout pur,& dont le poids eſt depuis un quart d'once juſqu'à deux ou trois onces.Ces piéces un peu groſſes, ſont aſſez rares; mais celà prouve au moins queles mines d'où elles ſortent, doivent être fort abondantes. Le ſable d'or,qui eſt la ſorte que les Habitans amaſſent le plus, ſe vend ordinairementſur le pied de huit réales le tael, ſi ſa qualité eſt de ſix maſes. Ils le portentaux Hollandois, qui trouvent plus de profit à l'acheter d'eux, par des échan-ges, qu'à faire exploiter leurs mines de Sillida. On a tenté ce travail à di-Tt 2 verſes
DrEschrprIo8DE 1. ILL.E DESuMATRA.Dampin.Lampon.Sillebar.
Bancoulo.
Indrapoura.
Manincabo.
Poſſeſſionsdes Hollan-dois.
Padang,leur principalComptoir.
Mines d'orde Sumatra.