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Tome douzième.
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p trouve.

varia cher-he à le ven-

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Autre vic-toire qu'ilremporte àl'embouchuredu Tanauquir.

3560 VONAGES DE MENDEZ PINTO

inégalité du nombre, le combat dura près d'un quart d'heure. IIs ne quit-térent les armes qu'en expirant. Nous ne perdimes que deux Portugais&ſept Indiens de l'équipage: mais vingt furent bleſſés;& Faria regut lui-méme deux coups de ſabre fur la téte,& un troiſième ſur le bras. Apréèscette ſanglante victoire, il fit mettre à la voile, dans la crainte d'étre pour-ſuivi. Nous allames mouiller le ſoir ſous une petite Ifle déſerte, où lepartage du butin ſe fit tranquillement. On trouva dans la Jonque(b) cinqcens bahars de poivre(i); foixante de ſandal; quarante de noix muſcades& de macis; quatre-vingt d'étain; trente d'ivoire;& d'autres marchandi-ſes, qui montoient, ſuivant le cours du Commerce, à la valeur de ſoixan-te-dix mille ducats. La plus grande partie de T'artillerie étoit Portugaiſe.Entre quantité de meubles& d'habits de nôtre Nation, nous fümes ſur-pris de voir des coupes, des chandeliers, des cuillieres,& de grands baſ-ſins d'argent doré. C'étoit la dépouille de Sardinha, de Juan Olyveira,& de Barthelemi de Matos, trois de nos plus braves Officiers, dont lesVaiſſeaux avoient été la proye du Corſaire. Mais la vüe de tant de ri-cheſſes ne diminua point nêôtre compaſſion pour neuf petits enfans, dgésde ſix à huit ans, qui furent trouvés dans un coin, enchainés par les mains& les pieds.

LE lendemain, Faria prenant plus de confiance que jamais à ſa fortune,ne fit pas difficulté de retourner vers la Cête dAynan, où il ne deſeſpẽéroitpas encore de rencontrer Coja-Acem. Cependant quelques Pêécheurs deperles, dont il regut des rafraichiſſemens dans la Baye de Camoy, lui an-noncèrent lapproche d'une Flotte Chinoiſe;& le prenant d'aflleurs pourun Négociant, malgré quelques ſoupgons qu’'ils ne purent cacher, à la vüedes étoffes& des meubjes précieux qu'ils voyoient entre les mains de ſesSoldats, ils lui firent une peinture ſi rebutante des obſtacles qu'il trouveroità la Chine, où ſon deſſein étoit d'aller vendre effectivement ſes marchan-diſes, qu'il réſolut de chercher quelque autre Port. Ses Vaiſſeaux étoientdéja ſi chargés, qu'il leur arrivoit ſouvent d'échouer ſur les bancs de ſabledont cette Mer eſt remplie. Cependant il étoit attendu par des nouveauxobſtacles, à Tembouchure de la Rivière de Tanauquir.

PENDANT qau'il s'efforgoit d'y entrer, ſur eſpérance que les Péêcheursde Camoy lui avoient donnée d'y trouver un bon Port, il fut attaqué pardeux grandes Jonques, qui deſcendoient cette Rivieère, avec la faveur duvent& de la marée. Leur premiere ſalve fut de vingt-ſix piéces d'artille-rie,& ſe trouvant preſque ſur nous, avant que nous euſſions pù les décou-vrir, elles nous abordêèrent avec une redoutable nuée de dards& de flé-ches. Nous n'évitàmes cette tempete qu'en nous retirant ſous le demipont, d'ou Faria nous fit amuſer les ennemis à coups d'arquebuſes, pen-dant'eſpace d'une demie heure, pour leur donner le tems d'épuiſer tou-tes leurs munitions. Mais quarante de leurs plus braves gens ſautérent en-fin ſur nêtre bord,& nous mirent dans la néceſſité de les recevoir. Lecombat devint ſi furieux, que le tillac fut bien-tõòt couvert de morts. N-

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(5) On abrége ce détail.(i) Chaque bahar, de cinquante quintaux.