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Tome douzième.
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MENDEZPINTO.

Butin qu'il

fait en déter-

rant desMorts.

L'Auteurrétablit unRoi dẽetròné.

K quel titrece Prince im-plora ſon ſe-gours.

436 VOYAGES DE MENDEZ PINTO

Fuſage eſt de ſe faire enſevelir avec tous les ornemens qu'ils avoient dansle combat:& pour ne m'en laiſſer aucun doute, il fit déterrer juſqu'à tren-te- ſept cadavres, auxquels on trouva ſeize braſſelets d'or, douze poignardsfort riches,& pluſieurs bagues. Nous conclümes qu'après leur défaite,les Achemois étoient venus enterrer leurs Capitaines dans l'Iſle de Pinſan-duray. Ainſi le haſard nous fit trouver un butin de plus de mille ducatsdont Mahmud ſe faiſit; ſans y comprendre ce que ſes gens eurent Tadreſ-ſe de détourner. A la vérité, il le paya fort cher, par les maladies, quePinfection répandit dans ſon équipage,& qui lui enlevèrent quelques-unsde ſes plus braves Soldats. Pour moi, je me hatai de faire partir ma Bar-que, pour informer Dom Pedro de Faria de la route que j'avois ſuivie,& desconjectures du Necoda.

AvEc ce nouveau motif de confiance, nous remimes plus librement à-la voile vers Tanaſſerim, où j'avois ordre de chercher particulieèrementLancerot Guerreyra. Nous paſſames à la vüe d'une petice Hle, nomméePulo Hinbor, d'ouù nous vimes venir une Barque, qui portoit ſix hommes,pauvrement vétus. IIs nous ſaluérent, avec des témoignages d'amitié,auxquels nous répondimes par les méêmes ſignes. Enfuite, ils demandéè-rent s'il y avoit quelque Portugais parmi nous. Le Necoda leur ayantrépondu qu'il en avoit pluſieurs à bord, ils parurent ſe défier d'un Maho-métan,& leur Chef le pria de leur en faire voir un ou deux ſur le tillac.je ne fis pas difficulté de me montrer. IIs n'eurent pas plutòt reconnu l'ha-bit de ma Nation, qu'étant paſſés dans la Jonque avec de vives marquesde joye, ils me préfentérent une lettre, que le Chef me pria de lire avanttoute autre explication. Elle étoit ſignée de plus de cinquante Portugais,entre leſquels étoient les noms de Guerreyra,& des trois Capitaines deſon Eſcadre. IIs aſſuroient tous les Portugais qui liroient cet Ecrit:Que Phonorable Prince qui avoit obtenu d'eux, étoit Roi de P'Ifle,&nouvellement converti à la Foi Chrétienne; qu'il avoit rendu de bonsoffices à tous les Portugais qui avoient relàché ſur ſes Côtes, en les a-vertiffant de la perfidie des Achemois,& qu'il avoit ſervi depuis peu à-leur faire remporter, ſur ces Infidéles, une victoire conſidérable, danslaquelle ils leur avoient pris une Galère, quatre Galiotes& cing Fuſtes,apres leur avoir tué plus de mille hommes. IIs prioient tous les Capi-taines Chrétiens, par les playes de nötre Seigneur Jeſus Chriſt,& par lermdrites de ſa ſainte Palſion, d'empécher qu'on ne lui fit aucun tort,& de„ lui donner au contraire toute l'afſiſtance qu'il méritoit par ſes ſervices&„par la conformité de ſa foi'.

ſE fis au Roi d' Hinhor quelques offres de ma perſonne; car mon pou-voir étoit fort borné pour d'autres ſecours(e). Cependant, aprées m'a-voir appris qu'un de ſes Sujets Mahométans lavoit chaſſé du tröne,& ré-duit à la miſére dont j'eétois témoin, il me jura que ſa diſgrace n'Stoit ve-nue que de ſon attachement pour le Chriſtianiſme,& de ſon affection pourjes Portugais. Quelques braves Chrétiens, ajoüta-t-il, auroient ſuffi Fese

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(e) II étoit ſi petit, dit- il, qu'il ne put vais diner,&c un bonnet rouge tout uſé, quĩs'etendre plus loin qu'à lui donner un mau- ne laiſſoit pas d'etre meilleur que le ſien.