MgNDEZPINTo.
L'Auteurs'expliqueavec Cayeroleur Chef.
Hiſtoire du-Siége de Mar-taban,& fintragique de laMaiſon roya-le.
VOYAGES DE MENDEZ PINTO
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ſoient pas aux Achemois pour réparer leur diſgrace; enfin, que Malacaétoit ſans danger,& que les Troupes Portugaifes étoient inutiles au Gou-verneur(h).
IE me rendis à terre, pour recevoir les mêmes explications de Cayero.II étoit retranché à quelque diſtance de la Ville, ſans aucune communica-tion avec les Aſſiégés, mais ſans traité avec leurs Ennemis; cC'eſt-à-dire,moins en apparence pour prendre part aux événemens que pour les obſer-ver. Je lui préſentai!ordre du Gouverneur. II me tint le même langage.Je le priai de m'en donner une déclaration par écrit. Les circonſtancesn'offrant rien qui dùt m'arrêter, j'attendis le départ du Necoda, qui pro-fitoit habilement de l'occaſion, pour exercer un Commerce avantageuxdans les deux Camps. Son délai, qui dura quarante- ſix jours, me rendittémoin d'une horrible cataſtrophe.
IL y avoit déja pluſieurs mois que le Siége de Martaban étoit pouſſé avecbeaucoup de vigueur. Les Aſſiégés s'étoient defendus courageuſement;mais ne recevant aucun ſecours, ils ſe trouvoient ſi affoiblis par le fer,par la faim& par les maladies, que de cent trente mille Soldats qu'on avoitcomptés dans la Ville,& qui faiſoient les principales forces du Royaume,il men reſtoit que cinq mille. Le Roi, ne prenant plus conſeil que de ſondeſeſpoir, fit faire ſucceſſivement trois propoſitions à Ennemi. II lui of-frit dabord, pour Fengager à lever le Siége, trente mille biſes d'argent,qui valoient un million d'or,& ſoixante mille ducats de tribut annuel.Cette tentative ayant été rejettée, il propoſa de ſortir de la Ville, à laſeule condition de ſe retirer librement dans deux Vaiſſeaux, avec ſa fem-me& ſes enfans. Le Roi de Brama, qui en vouloit non- ſeulement à ſestréſors, mais à ſa perſonne, ne parut pas plus ſenſible à cette offre. Enfinle malheureux Chambaynha propoſa, pour ſa liberté& pour celle de ſa fa-mille, de lui abandonner ſa Couronne& le tréſor du Roi ſon Prédeceſſeur,ou bien de lui payer trois millions d'or. Cette promeſſe n'ayant pas été mieuxregde, il perdit toute eſpérance de compoſition avec un ennemi ſi cruel.Les Portugais devinrent ſon unique reſſource, du moins pour ſe garantirdu danger qui le menagoit perſonnellement. II leur dépécha un homme deleur Nation, nommé Paul de Seigag, qui étoit attaché depuis long-tems, àſa Cour; avec une Lettre pour Cayero(i), dans laquelle il offroit de ſou-
mettre
qui étoient tombées entre les mains de Guerreyra; que dix ans ne ſuff-
(b.) Pag. 718& précédentes.„ clave& miſérable, je te fais ſavoir par
(i) Cette Lettre, dont il parott que l'Au-teur conſerva précieuſement une copie,&la délibération des Portugais, méritent éga-lement de trouver place dans une Note:„ Valeureux& fidèſe Capitaine des Portu-„ gais par la grace du grand Roi du bout du„ Monde, Lion fort,& d'un rugiſſement„ épouvantable, avec une Couronne de Ma-„ jeſté dans la Maiſon du Soléeil: Moi, mal-„ heureux Chambaynha, autrefois Prince,„& qui ne le ſuis plus, me, trouvant aſſié-„ gé dans cette Ville, qui eſt vraiment ef-
des paroles prononcées de ma bouche,avec autant de fidélité que de certitude,que je me rends dès aujourd'hui& mereconnois Vaſſal du grand Roi de Portu-gal, Souverain Seigneur de mes enfans&de moi, avec reconnoiſſance d'hommage& d'un riche tribut qu'il m'impoſera ſui-vant ſa volonté. En cette qualité, je de-
mande de ſa part, qu'auſſi:êt que Paul deSeixas t'aura remis ma Lettre, tu viennespromptement, avec tes Navires, près duBoulevard de la Pagoge, ouù tu me trou-
„ Veras