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Tome quatorzième.
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PRESQUISLE EN DECA DU GANGE, Lrv. III. 13

„ perte, appuyèrent fortement ce ſoupgon,& firent retomber ſur lui le„ ſuccès malheureux de cette guerre. Mais Balogi, ſans s'effrayer des„ Complots qui ſe tramoient contre lui, envoya aufſi-tot ſes Sécretaires chez„ les principaux Marchands de la Ville& des environs, avec ordre à cha-„ cun d'eux, de lui préter une ſomme conſidérable, ſous peine de confiſ-„ cation de tous leurs biens. Enfin, en moins de quatre jours, il amaſſa„ prées de cinq cens mille écus, qu'il ſe häta d'employer à gagner la Reine„ de Tirichirapali, à corrompre la plüpart de ceux qui compoſoient ſon„ Conſeil,& ſur-tout à mettre dans ſon parti le Pêre du Talavay, dont„ Favidité étoit inſatiable. II fit ſi bien qu'avant les huit premiers jours„ expirés, ſans que le Talavay même en eùt connoiſſance, Ia paix fut con-„ clue à Tirichirapali avec le Roi de Tanjour, qui rendit ſes bonnes„ graces au Miniſtre,& lui accorda une autorité plus étendue que jamais“.

LEz Roi de Maduré, petit-fils de Mangammal, étant mort, apreès unrègne de vingt-huit ans, ſa Mere, nommée EWmonghdtammal, ou Minnütſch-ammal, monta ſur le Tröne; Mais à peine avoit-elle gouverné quatre ans,que les Mogols ſe rendirent mattres de Tirichirapali, le 26 d'Avril1736,& établirent pour Roi, de nom ſeulement, Cadturdſa Tirumaleinai-ken, petit-fils de Muttarhagatirinaiken, frêre cadet de Soccalinganaiken,dont on a rapporté Tavanture. C'eſt ici que nous bornons cette Hiſtoire,en avertiſſant qu'elle ſera continuée dans!''Article de Pondichery.

IV. LE Royaume de Maiſſöour, ou Maöſbuúr, qui s'étend à l'Oueſt& auNord du Maduré, doit ſon nom,& les Princes qui y rêgnent, à un Cha-teau, ſitué à quelque diſtance de la Capitale, nommée Chirengapatnam,&renfermée dans une Ifle du Caveri(c). La Fortereſſe reſſemble aux an-ciennes Villes de l'Europe, qui étoient fortifiées par des tours. Elle a unbon foſſe. Le Palais du Roi n'a rien de remarquable. Les Chrétiens yont une aſſez jolie Egliſe.

Crr Etat eſt de tous ceux que le Mogol n'a pas ſubjugués, celui qui eſtdevenu le plus conſidérable, par les conquéetes que ſes Princes ont faites depluſieurs Fortereſſes, ſoit dans le Royaume de Maduré, ſoit dans les au-tres Etats voiſins. On lui donne pres de quinze millions de rente. II amis ſur pied des Armées de trente mille nommes d'Infanterie& de dixmille de Cavalerie. Le Père Cinnami, Jéſuite, Fondateur de la Mifſion é-tablie dans ce Royaume, affre, que des rannée 1650, les Etats de Maiſ-ſour s'étendoient depuis le commencement de Fonzième degré de Latitudeſeptentrionale juſqu'au-delà du treiziéme. Les Terres du Samorin& des au-tres Princes du Malabar, le bornent du côté de'Occident.

CE qui a rendu les Maiſſouriens ſi redoutables à leurs voiſins, c'eſt lamanieére cruelle dont ils traitent leurs priſonniers de guerre. IIs leur cou-pent à tous le nez. On met enſuite ces nez coupés dans un vaſe de ter-re, on les fale, pour les garder& les envoyer à la Cour. Les Officiers& les Soldats ſont recompenfés à proportion du nombre des priſfonniersqu'ils ont traités avec cette barbarie. Con-

(c) Sa ſituation, ſuivant le P. Bouchet, eſt te de 1737, la place ſenlement à douze de-environ les treize degrés quinze minutes de grés quarante minutes; Geſt la hauteur queLatitude du Nord. M. d-Anville, dans ſa Car- M. Bellin lui donne dans la ſienne.

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DrecaETIoNDE LINDEMERIDIONA-LE.

Royaumede Maiſſour.