ErTAELISSE-MENT FRAN--ols DE PoN-DICHERY.
1680.
Terres ce-
21 1 8dées à la Com-
1686.
On com-mence à for-tifier Pondi-chery.
1689.
—’õ—
18 DESCRMNPTIONDII A
reprocha particulierement de s'étre déclarée pour Chirkam, contre leGouverneur de Gingy. Mais 1'Envoyé remplit ſa commiſſion avec tande bonheur& d'habileté, qu'il obtint un(aoul, c'eſt-à-dire, un Actformel, par lequel Sevagy accordoit aux Frangois la liberté de demeu-rer dans Pondichery, à la ſeule condition de ne prendre aucun parti dansſes guerres(1).
CrrTE faveur ne couta aux Frangois qu'un préſent de cinq cens pago-des. Dans le cours de la meme année, Martin, n'ayant pü ſe faire reſti-tuer les ſommes qu'il avoit prêtées à Chirkam-Loudy, obtint de ce Seigneurune ceſſion autentique du revenu des Terres de Pondichery, juſqu'à la con-currence du payement. Enſuite, il paroit qu'au milieu des guerres voiſi-nes,'Etabliſſement Frangois fut reſpecté; quoiqu'il n'eꝑt alors que trente-quatre hommes pour ſa défenſe(). En 1686, le calme ayant ſuccedéaux troubles du Pays, Martin fit bätir deux grands Magaſins de brique,&d'autres Edifices(1). Deux ans après, on commença plus ſérieuſementà ſe fortifier, par un mur aſſez fort, qui fut élevé du còôté de FOueſt(m),& qui a été continué, depuis, des autres cêtés de la Loge. En 1689, leDirecteur obtint des Officiers de Sommagy-Raja(n), fils& ſucceſſeur deSevagy, la liberté d'augmenter les Fortifications de quatre tours, dont ilflanqua les courtines. Ce fut vers le même-tems, qu'il fut informé de lapriſe& de la mort de Sommagy. Ce malheureux Prince, étant tombédans une embuſcade de Troupes du Mogol, par la trahiſon d'un de ſesMiniſtres, fut conduit devant le Vainqueur, qui lui fit crever les yeux&couper la tête.
LE deſordre que cet événement jetta dans la Province, fut augmenté parPavis qu'on regut aux Indes, d'une déclaration de guerre entre la France& la Hollande. Les Hollandois, quoiqu’ aſſez foibles ſur la Côte, employè-
t8e
(i) M. lAbbé Guyon rapporte ce Caoul:Avec la liberté d'exercer toutes ſortes de Com-merces,& de batir des Magaſins dans toutePétendue du Gouvernement de Gingy,„ il„ accorde à la Compagnie l'exemption de„ tous les droits, à la reſerve d'un& demi„ pour cent ſur toutes les marchandiſes qu'el-
e fera embarquer ou débarquer; lorſqu'el-„les ſe vendront, les Marchands payeront„ le méme droit pendant l'epace de cinq an-„ nées; leſquelles expirées, on payera deux&„ demi pour cent, pour toùũjours, moyen-nant quoi, la Compagnie eſt exempte desautres droits, comme Paliagars, Taliars,„Peſeurs,& généralement de tous. Aucu-ne Nation, comme Anglois, Danois, Por-tugais& tous autres, ne pourront négo-cier ni débarquer aucune marchandiſe àPondichery, ſans la permiſſion de la Com-„ pagnie. Tous les Ouvriers& Serviteursde la Compagnie demeureront libres à
„ Pondichery, ſans qu'ils ſoient obligés de
„ payer aucun des droits que les Habitans
rent
„ payent au Divan. La Compagnie pourra„ préndre à ſon ſervice le nombre de Laſ-„ cars& de Serviteurs qui lui ſera néceſſai„ re. Si les gens de la Compagnie ont quel-„ que démélé avec ceux du Divan, ou mé-„ ritent chatiment, la Compagnie fera juſti-„ ce, ſans qu'aucun Officier du Divan en„ puiſſe connoitre,&c. Le préſent Caoul„ devant valoir pour toüjours. Fait le 15„ Juillet 1680.“ Ibid. pag. 228& précé-dentes.
() Ce nombre s'y trouvoit au commen-cement de lannée 1679; ainſi il pouvoit bienavoir été augmenté depuis. R. d. E.
(1) La Loge m'étoit encore couverte quede paille.
(m) Lordre en fut donné par M. de Cebe-ret, un des Envoyés de France à Siam, d'ouù ilétolt parti, avant la Loubere, pour aller vi-ſiter les Etabliſſemens François. Voyez leſecond Voyage de Siam; au Tome XII.
(n) Il eſt nommé auſſi Sandoſchi& Sam-bogi Raja. R. d. E.