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Tome quatorzième.
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ErALISSE-MENT FRAN-9ois DE PoN-.DPICHERV.

1739.

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25 DESCRIPTION DE IL. Aen vüe qu'un Etabliſſement de Commerce, la prudence ne leur permettoitpas de ſe rendre odieux par des violences().

CEPENDANT le Roi, ſans avoir ouvertement rompu ſon Traité, re-mettoit à exécuter apréès une guerre dans laquelle il ſe trouvoit engagé,contre Sander-Sabeb, Nabab de Trichenapaly. Ce Seigneur, ami particu-lier du Gouverneur,& plein d'eſtime pour la Nation, ayant appris parquelles promeſſes le Roi de Tanjour s'toit lié aux Frangois,& commentil en éludoit Fexécution, écrivit au Gouverneur, pour lui offrir de s'empa-rer de Karical& de Karcangery,& de remettre ces Places entre ſes mains.Ses offres furent acceptées. Ce Général Mogol, qui s'Stoit déja fait unegrande réputation de courage& d'honneur, ne tarda point à les remplir.Quatre mille chevaux, commandés par Frangiſco Pereiro, Eſpagnol(!),& Pun de ſes principaux Offciers, qui étoit attaché depuis long-tems auxFrangois, diſſipérent les Troupes de Tanjour& ſe ſaiſirent de Karical&de Karcangery. Pereiro ſe rendit lui-même à Pondichery, pour annoncercette nouvelle au Gouverneur. On y nt equiper, ſar le champ, un pe-tit Batiment de cent cinquante tonneaux, qui ſe trouvoit dans la Rade.Les Frangois ſe rendirent en vingt-quatre heures à Karical, ou Pereiro,ſuivant rordre du Nabab, leur onvrit les Portes de la Ville& celles duFort de Karcangery(m). Quatre jours après, on y envoya, ſur ungros Vaiſſeau, tout ce qui étoit néceſſaire pour la füreté de ce nouvclEtabliſſement.

LE Roi de Tanjour s'affligea peu de cette nouvelle. II n'éludoit l'exé-cution du Traité qu'à la follicitation des Hollandois, dont il avoit tiré desſommes conſidérables;& ſa ſeule crainte étant que les Frangois ne füſſentplus diſpoſés à lui payer celle dont ils étoient convenus, il ſe hàta d'é-crire au Gouverneur de Pondichery, pour lui reprocher d'avoir employéle ſecours des Maures, ſes Ennemis, à ſe rendre maitre d'une Placequ'il lui avoit donnée,& que ſon intention avoit toüjours été de lui re-mettre apres la guerre. En méeme-tems, il lui envoyoit la ratificationdu Traité de Chalambron, avec un ordre aux Habitans de Karical& deſes dépendances, de reconnoitre à Pavenir les Frangois pour leurs Sou-verains(n).

MaArs à peine eut-il expédié ce nouvel Acte, que ſes deux Oncles, quiavoient rétabli ſur le Trne, mécontens de ſa reconnoiſſfance ou de fonadminiſtration,'arrétérent dans ſon Palais,& mi;rent la Couronne ſur la têtede Pradapſingue, un de ſes couſins, qui, peu de jours après, fit etoufferce Prince infortuné dans un bain de lait tiède(°). b 8

E

(X) LAuteur fait remarquer la différen-ce des titres, auxquels nous devons nos poſ-ſeſſions dans les Indes,& de celui auqueltous les autres Peuples de l'Europe doiventce qu'ils y poſſédent. Les autres ont em-ployé la violence, T'expulſion, l'effuſion duſang,& nous devons tout à des conceſſionsvolontaires. Ubi ſuprà, pag. 212.

8 9⁷ On verra fa fortane dans une Note,ci deſſous.

(m) LActe de priſe de poſſeſſion eſt du14 Février 1739.

(n) Du 20 Avril 1739. 9

(°) Suivant les Mifſionnaires Danois, laFortereſſe de Tanjour avoit été de nouveaubloquée par les deux fils de Daouſt-Aly-Kan,Nabab d'Arcatte. IIs étoient venus à la re-

quiſition du Commandant Sgaidu, qui avoitarrété le Roi Sawaäſadi, le 10 Juillet de cette

année,& établi Partupuſinga à ſa place. Cenou-