Azyle queles Peuplescherchent àPondichery.
Situation
des François.
32 DESCRIPTION DE L A
ſanglans ouù ils étoient enfoncés, achevant d'étouffer ou d'Ccraſer les Sol-dats qui n'avoient pas la force de ſe retirer(m).
CITYZzOR-KAN, Général de PFArmée Mogole, qui avoit rendu d'im-portans ſervices à la Compagnie, fut bleſſé de cinq coups de fuſil,& d'uncoup de fronde, qui lui creva un œil& le renverſa de deſſus ſon éléphant.On doit faire obſerver qu'une décharge de frondes, par le bras des Marat-tes, eſt auſſi redoutable que la plus violente mouſqueterie. Les Domeſti-ques de Cityzor, Fayant vü tomber, l'emportèrent avant la fin du combatdans un bois voiſin,& ne penſeèrent qu'à s'éloigner de l'Ennemi. Aprésdix ou douze jours de marche, ils arrivèrent à Alamparvé, qui ſe nommeauſſi Jorobandel, à ſept ou huit lieues de Pondichery. Les principales bleſ-ſures de leur Mattre étoient un coup de fuſil, qui lui avoit coupé la moitiéde la langue& fracaſſé la machoire; un autre, qui pênétroit dans la poi-trine,& trois coups dans le dos, avec un œil crevé. On lui envoya leChirurgien Major de la Compagnie, qui paſſa près de lui vingt-cinq jours,ſans le pouvoir ſauver.
LX datte de cette affreuſe bataille eſt le 20 de Mai 1740. Les Marattesy firent un grand nombre de priſonniers, dont les principaux furent Taqua-Sabeb, Grand Divan, un des gendres de Daouſt,& le Nabab Eras-Kan-Mirzoutou, Commandant général de la Cavalerie. Dans le pillage du Camp,ils enlevèrent la caiſſe militaire, l'étendart de Mahomet,& celui de l'Em-pereür. Ils emmenèrent quarante éléphans, avec un grand nombre dechevaux. Le corps de Daouſt-Aly-Kan fut trouvé parmi les morts: maison ne put reconnoitre celui de ſon fils, qui avoit été ſans doute écrafé,comme un grand nombre d'autres, ſous les pieds des éléphans(n).
LE bruit de ce grand événement jetta dans toute la preſqu'Ifle de l'Indeune épouvante qui ne peut être repréſentée. On ne put ſe le perſuader,dans Pondichery, qu'à la vũe d'une prodigieuſe multitude de fugitifs, Mau-res& Gentils, qui vinrent demander un azyle avec des cris& des larmes,comme dans le lieu de toute la Côte ouù ils ſe flattoient de trouver plus deſecours& d'humanité. Bien-tôt le nombre en devint ſi grand, que la pru-dence obligea de fermer les portes de la Ville. Le Gouverneur y étoit jour& nuit, pour y donner ſes ordres. Les maiſons& les rues ſe trouvèrentremplies de grains& de bagages. Tous les Marchands Indiens de la Vil-le& des Lieux voiſins, qui avoient des effets conſidérables à Arcatte&dans les terres, fnnaseö na de les mettre à couvert ſous la protectiondes Frangois. Le 25 de Mai, qui étoit le cinquième jour apres la batail-le, la veuve du Nabab Daouſt-Aly-Kan, toutes les femmes de ſa famille& leurs enfans, ſe préſentérent à la porte de Valdaour, avec des inſtancespour être regues dans la Ville, où elles apportoient tout ce qu'elles avoientramaſſé d'or, d'argent, de pierreries,& d' autres richeſſes(0⸗).
CxrrE poſition étoit delicate pour les Frangois. Ils avoient à craindreque les Marattes, informés du lieu oùu toute la famille du Nabab s'toit re-tirée avec tous ſes tréſors, ne vinſſent attaquer Pondichery. D'un autrecôté, ils ſe ſeroient perdus d'honneur dans les Indes, s'ils avoient San.
eurs
m) Pag. 285& précédentes.(u) Wid, pag. 288.(°) Ibid. pag. 289.