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Tome quatorzième.
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DrERNIRREsS

GuERRües DE1.INDE.

SorPLEMENT.

1744.

Magaſin àpoudre quiſaute en l'air.

1745.

Nouvellesincurſions desMarattes.

Neutralitéefatale auxFrangçois.

Priſes queles Anglolsfont ſur eux.

1Armementde M. de laBourdonnaisaux Iles.

54 DESCRIPTION DE L. A

ſomme d'argent qu'on exigeoit d'eux, outre le tribut ordinaire. Ses Trou-pes pillerent la Ville,& quelques Villages de ſa dépendance. Comme leFort étoit trop éloigné du côté de la Mer, les Frangois prirent poſte dansune grande Pagode& y dreffèrent quelques Batteries, dont ils ſe ſervirentavec tant de ſuccès, qu'à une nouvelle attaque, les Troupes de Tanjour ſeretirèrent en deſordre. Ce qu'il y eũt de plus malheureux, c'eſt que dansle meme-tems un Magaſin à poudre, où' les Frangois faiſoient emplir desgrenades, ſauta en Pair, avec un fracas épouvantable. Le Commandant,un Capitaine de la Milice,& quelques Soldats Européens y perdirent miſe-rablement la vie. L Epouſe du Commandant eut le même ſort; mais ſon en-fant fut conſervé d'une manièere miraculeuſe. En ôtant les ruines, on letrouva vivant,& le ris à la bouche, entre deux pans de muraille qui s'é-toient appuyẽés par le haut en tombant. Les pierres qui voloient de toutesparts hors du Fort, bleſſéèrent quantité de monde,& cauſèrent un domma-ge conſidérable dans la Ville. Le coup fut ſi violent que toutes les mai-ſons de Tranquebar en furent ébranlées.

LANNEE fuivante, les Marattes firent de nouveaux efforts pour repren-dre Tirichinapaly ſur les Maures. Un Détachement de leur Armée tomba,au mois de Mars, dans les Etats de Tanjour, dont il ravagea quelquesPlaces. Peu de jours après, un autre Corps s'avanga le long du Coloramjuſqu'à Tanjour, pillant& ſaccageant tout ce qui ſe trouvoit᷑ ſur ſa route;Mais le Roi ayant rappellé ſa Cavalerie, qui faiſoit la Guerre au Tondaman,Prétendant du Marava, mit ſes Etats à couvert de ces incurſions. LArméedes Marattes ſe retira dans le Maiſſour, à'approche des Mogols.

Là guerre qui fut déclarée, en 1744, entre la France& l'Angleterre,laiſſoit encore la Compagnie de France dans l'illuſion, que la neutralité ſe-roit obſervée aux Indes, contre toute vraiſemblance, lorſqu'après beau-coup de négociations entre M. Dupleix& les Gouverneurs des Etabliſſe-mens Anglois, le Conſeil de Madras, n'ayant pu promettre la neutralitéqu' autant qu'il&toit en lui, ſans vouloir ſe rendre reſponſable du fait des Vaiſ-ſeaux du Roi d'Angleterre, les Frangois reconnurent, mais trop tard, qu'ilsétoient les dupes de ce demi Traité. En effet, tous leurs Vaiſſcaux Marchandsſe trouvèrent par-là expoſés à être pris par les Vaiſſeaux de guerre Anglois,qui n'entroient point dans la neutralité, pendant que tous les VaiſſeauxMarchands Anglois étoient en ſureté de la part de ceux de la CompagnieFrangoiſe, les feuls que cette Nation eut dans 8'Inde. Aufſi en perdit-elled'abord pluſieurs en très-peu de tems.

Cz fut dans ces circonſtances fatales, que M. de la Bourdonnair, Gou-verneur Général des Ifles de France& de Bourbon, regut au commence-ment de l'année ſuivante, des Lettres de M. M. du Conſeil de Pondicheryqui Pappelloient à leur ſecours, pour arrêter les entrepriſes des Ennemis.Cinq ou ſix Vaiſſeaux, qu'il s'agiſſoit d armer, dans un lieu où von manquoitpreſque de tout, ne cauſérent pas peu d'embarras au Sr. de la Bourdonnais.Cependant à force de ſoins, de mouvemens& d'induſtrie, il fut aſſez heu-reux pour voir, au mois de May, ſon Eſcadre prête à recevoir des ordres.Elle étoit ſur le point de mettre à la voile, quand, le 28 Juillet, on regutavis de France, que cinq Vaiſſeaux de guerre devoient arriver aux Ifles,

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