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Tome quatorzième.
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56
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DERNIERESGUERRES DELINDE.SUPPLEMENT.

1746.

56 DESCRIPTITUMRNINERNIIA

fourni de ſi mauvaiſe eau, à Pondichery, qu'elle donna le flux de ſang àſes Equipages. Le Sr. de la Bourdonnais tomba lui-même malade; ce quine empeécha pas de continuer ſa courſe, réſolu de faire tout ce qui dépen-droit de lui pour achever, dans un combat décifſif, la ruine de 1'Eſcadre An-

gloiſe. Les vents lui furent ſi contraires, qu'il employa treize jours 2

gagner Negapatnam. II y étoit occupé à négocier avec les Hollandois, pourſe faire rendre une priſe Frangoiſe, qu'ils avoient achetée des Anglois, lorſ-qw'il fut averti qu'il paroiſfoit ſix Vaiſſeaux au vent de cette Ville. IImonta auffi-tôt fur une découverte d'où il reconnut l'Eſcadre Angloiſe.Dans l'inſtant il courut à ſon Vaiſſeau,& trouva toute ſon Eſcadre prêteà lever l'ancre, après avoir arboré pavillon Hollandois pour attirer les En-nemis. Un moment apréès tous ſes Vaiſſeaux furent ſous voile& en ligne,& firent route pour joindre les Anglois; mais ceux-ci n'étant pas les du-

pes du changement de pavillon, profiterent de l'avantage du vent& s'é-

loignérent à toutes voiles. M. de la Bourdonnais les pourſuivit pendantle reſte de la journéc,& comme on eſt obligé, dans cette Mer, de mouil-ler la nuit, pour attendre les vents de rerre, il comptoit, le lendemain,de les ſurprendre à ancre; mais ils couperent leurs cables. M. de la Bour-

donnais les pourſuivit encore,& devanga ſon Eſcadre de deux lieues; II 1

alloit attaquer ſeul, quand tout-à. coup le vent changea& devint favorableàTEnnemi, qu'’il perdit bien-tôt de vüe.

DE retour à Pondichery, M. de la Bourdonnais ſe concerta avec M.Dupleix ſur ce qui reſtoit à faire. Is convinrent que le projet d'aller parterre aſſiéger Madras, étoit d'une execution trop difficile, par la fatigue

ue donneroit aux Troupes une marche de trente lieues dans des ſablesPrülans. D'un autre cêté, en conduiſant'Eſcadre à Madras, on riſquoit derout perdre, parceque les Vaiſſeaux Anglois pouvoient tomber deſſus,pendant que la moitié des Troupes ſerolent occupées à faire le Siéege parterre. En un mot, les mêemes raiſons qui avoient fait reconnoitre au Sr.Duͤpleix lui-même, un mois auparavant, la néceſſité de détruire'Eſca-dre Angloiſe, avant que de penfer au Siége de Madras, ſubſiſtoient enco-

re. Non-feulement cette Eſcadre ennemie métoit point détruite, mais

elle devoit même être augmentée de quatre Vaiſſeaux. Ainſi la prudencene permettoit pas de tenter une entrepriſe ſur Madras dans de pareillescirconſtances. D'ailleurs les ordres du Miniſtre, à M. de la Bourdonnais,portoient expreſſement, de ne rien hazarder contre les Etabliſſemens An-glois, qu'avec une eſpèce de certitude de ſuccés. Cependant ce fut dansdes conjonctures auſſi embarraſſantes, que M. M. de Pondichery, ſans vou-loir ſe décider, lui firent, dans les formes, une ſommarion de prendrePun de ces deux partis, ou de faire le Siege de Madras, ou d'aller battréEſcadre ennemie, à peine d'etre reſponſable, en ſon propre& privé nom,de tout ce qui pourroit arriver dans la ſuite. 8

voroU'Aussr rebuté par cet étrange procedé, qu'accablé par la mala-die, le Sr. de la Bourdonnais prit ſon parti;& en attendant qu'il püt lui-méme ſe mettre en Mer, il réfolut d'envoyer ſes Vaiſſeaux dans la Radede Madras. Son but dans cette courſe étoit, non-ſeulement de prendre les

Batimens Anglois, qui étoient alors occupés à charger les effets Prgciens— 8 qu 0