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Tome quatorzième.
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DERNIhREsSGonoREs DELUINDE.SUrILEMENT.1746.Abſurditéde cette con-

duite.

Promeſſe deM. Dupleixde livrer Ma-dras au Nababd' Arcatte.

Quelles é-toient ſesvües.

Lettre duNabab à M. dela Bourdon-nais.

22Réponſe du

Général Fran-Cois.

64 DESCRIPTION DE I. A

„apres ſa priſe; car ce ſeroit tromper le Nabab,& l'engager à ſe joindre„ à nos Ennemis(n)'.

LE Sr. de la Bourdonnais avoue que cette Lettre lui parut incompréhen-ſible. II ne pouvoit pas concevoir, dit- il, que le Sr. Dupleix tranchatdu Souverain, en donnant à une Nation les Places conquiſes ſur une autre.Il ne comprenoit pas mieux qu'il eũt eu l'imprudence de s'engager à li-vrer au Nabab une Ville dont il ignoroit le ſort,& à laquelle le Sr. de laBourdonnais pouvoit déja avoir accordé une Capitulation incompatibleavec cette dispoſition, comme il étoit arrivé en effet. D'ailleurs ce projetétoit ſi évidemment contraire aux intérêts de lEtat,& ſi fort au-deſſusdes pouvoirs du Sr. Dupleix,& même de ceux du Sr. de la Bourdonnais,qu'il n'étoit pas croyable que le premier propoſàt ſérieuſement une pa-reille idée. Auffi n'Stoit-ce qu'un artifice aſſez groſſiérement imaginé pourtromper à la fois le Nabab& le Sr. de la Bourdonnais. Voici en effet quelétoit objet du Sr. Dupleix.

Ir eſt d'abord certain, qu'il avoit réellement promis Madras au Nabab;mais ſi l'on juge de la ſincérité de cette promeſſe par l'événement, il eſtégalement certain qu'il la lui avoit faite, fans avoir aucune envie de l'ef-fectuer, puiſqu'il ne lui a pas remis Madras, lorſqu'il en a été le mattre.Ainſi il trompoit le Nabab, qui dans la ſuite s'en eſt vangé par une Guerrequi a couté beaucoup d'hommes à 1'Etat& d'argent à la Compagnie.

Mais il ne trompoit le Nabab que pour mieux tromper le Sr. de laBourdonnais, qu'il comptoit par-la mettre dans la néceſſité de rejetter tou-tes les propoſitions de rangon que les Anglois pourroient lui faire. Enſuivant ce dernier parti, il falloit abſolument que le Sr. de la Bourdonnais,obligé par la Mougon de quitter la Côte en Octobre, laiſſfàt au Sr. Dupleixle ſoin de piller Madras,& d'en enlever généralement tous les effets,&que pour celaà il lui abandonnàt des Vaiſſeaux(°).

Qvorev'IL en ſoit, dans le tems que le Sr. Dupleix annongoit au Sr.de la Bourdonnais ces arrangemens politiques, ce dernier regut du Nababla Lettre ſuivante.

„ Au Grand Commandant Frangois, que Dieu garde de tout mal& lui donne„ proſpérité.

„ IE ſgais que tu ès un grand Guerrier, que les Villes ne ſgauroient te-„ nir devant toi; mais ce qui m'a paru plus étonnant, c'eſt que tu ayes„ abordé fur mes terres, fans m'envoyer un homme, comme il faut,„ pour me faire part de tes deſſeins. excuſe ta conduite; mais à la re-ception de cette Lettre, auffi-tõt embarque-toi avec tout ton monde,&ceſſe d'aſſiéger Madras, ſinon je pars avec mon Armée Royale, pour tefaire exécuter ce que je te commande. Au ſurplus, je ſouhaite quetes armes proſpêrent, 4 que ton bonheur ſoit auſſi grand que ton nom“.LàA Réponſe que lui fit le Sr. de la Bourdonnais étoit congue en cestermes.„ Seigneur

222222

(n) II faut ſe fouvenir que M. Dupleix(°) On ne change pas un mot ici aux er-mwavoft pas tonjours été de cet avis. Voyez preſſions du Mémoire de M. de la Bourdon-cideſſus, pag. 57. nais.