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Tome quatorzième.
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PRESQOUISLE EN DECADU GANGE, Lrv. III. 81

res, qui furent regus avec joye, dans une Place ouù les. vivres n'étoientpas en abondance.

LARRIVEE de M. Paradis à Madras annonga à tout le monde, qu'il ve-moit dans cette Ville pour changer en général tout ce que M. de la Bour-donnais avoit fait& conclu. Un de ſes premiers ſoins fut d'expulſer lesSrs. de la Villebague& Desjardins(a), Membres du Conſeil de Madras,ſur un prétendu ordre de M. M. de Pondichery,& pour des motifs aufſifaux. Bien-tét M. Barthelemy dut également ceder ſa place à M. Paradis,Thomme de confiance de M. Dupleix,& le ſeul qui convint à ſes vües.Ce fut alors qu'on vit éclorre le projet que le Gouvernement de Pondicheryméditoit depuis ſi longtems.

LrEs ordres qui arrivérent à Madras, portoient,„ que le Conſeil aſſem-„ blé, ayant mürément réefléchi ſur lavis donné par les principaux de la„ Colonie& des Vaiſſeaux, avoit déliberé de faire déclarer aux Anglois„ de Madras, que le Traité de rangon qu'ils avoient fait avec le Sr. Mahé„ de la Bourdonnais, demeuroit nul,& que la Nation Françoiſe ſe trou-„ voit, envers eux, dans le même état que le jour de la priſe de la Ville'.Ces ordres furent ſignifiés aux Anglois, ſe I0 Novembre,& publiés dansMadras à la téte des Troupes, avec un Acte qui expliquoit les nouvellesconditions qu’il plaiſoit à M. M. de Pondichery d'impoſer aux Anglois.Ces conditions étoient;„I. Que les Anglois ſeroient tenus de remettre„ toutes les clefs des Magaſins, pour que les Frangois puſſent s'emparer„ de tous les effets qui y étoient renfermés. II. Que les premiers au-„ roient la permiſſion d'emporter les meubles& habits, avec les hardes&„ bijoux de leurs femmes; mais qu'à'égard des marchandiſes, argenterie,„ chevaux,&c., tout reſteroit aux Frangois. III. Que les Anglois ſe re-„ tireroient où bon leur ſembleroit, ſous parole de ne pas ſervir contre la„ France juſqu'à'échange. IV. Que ceux qui voudroient reſter dans Ma-„ dras préêteroient ſerment de fidélité au Roi entre les mains du Sr. Paradis.„ V. Que le Gouverneur& le Conſeil s'obligeroient aufſi de ne point ſervir„ contre la France;& que, s'ils refuſoient d'en donner leur parole, ils ſe-„ roient conduits priſonniers à Pondichery“.

Ir n'eſt pas pofſible d'exprimer Findignation qu'excita la publicationd'un pareil Acte, ni le trouble& le deſordre qu'entraina ſon exécution.La plüpart des Officiers Anglois ſe fauvêérent la nuit avec leurs femmes& leurs familles,& abandonnèrent la plus grande partie de leurs effets.Ceux qui reſtérent avec le Gouverneur furent conquits avec lui en triompheà Pondichery,& donnes en ſpectacle à tout le peuple, à la téte duquelparut M. Dupleix, avec tout vappareil d'un Souverain,& tout Péclat d'unVainqueur. Les Juifs& les Armeniens eurent le choix, ou de voir pillertous leurs effets, ou d'aller demeurer à Pondichery. A l'égard des Natu-rels du Pays, on les réduiſit à la néceſſité de ſe ſauver, en raſant la Ville-Noire, qu'ils habitoient,& qui étoit le centre du Commerce. Enfin, ce

quĩ

(a) Le premier étoit frêère de M. de la ennemis, ſont morts en méme-tems, dans leurBourdonnais,& tous les deux, aprés avoir traverſée pour repaſſer en France, ou M. Du-beaucoup ſouffert des perſécutions de ſes pleix les envoyoit priſonniers. 8

XIII. Part.

4

DERNIkRRFSGuERRES DEL.'INDE.SuUrPLEMENT.

1746.Changementtotal que M.Paradis fait àMadras.

La Capitu-lation eſt cal-ſée& annul-lée.

Déſolationdans cetteVille.