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Tome quatorzième.
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DERNIERESL.INDE.SvPPLEMENT.

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1747.

Paix raineu-ſe qu'on eſtobligẽ de fair

avec eux.

80

Nouvelleentrepriſeinfructueuſecontre Gou-delour.

Force de'Eſcadre An-gloiſe qui ar-rive à propos.

Trahiſondécouverte àGoudelour.

85 DESCRIPTION DE L. A

une action de vengeance, qui a couté cher à la Compagnie. En effet,fit partir de Madras un gros Détachement, pour aller ravager les terresdes Maures. La dévaſtation fut portée aux derniers excès: on brüla quin-ze Aldses, ou grands Villages Maures(†), avec une quantité pde grains& d'effets qui y étoient renfermés; on tua tout ce qui ſeſenta; enfin, cette terrible exécution fut accompagnée de toutes lesreurs imaginables.

UNE expédition, ſi cruelle en elle-même,& ſi dangereuſe dans ſes con-ſéquences, revolta tous les Frangois qui etoient à Madras. On accabla dereproches FOfficier qui commandoit le Détachement(&);& il ne puts'excufer qu'en répandant par tout des copies de l'ordre qu'il avoit regu.A Fégard des Maures, ils ſe diſpoſoient à une vengeance éclatante, lorf-

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que le Sr. Dupleix, voyant le danger de plus près, ſe tourna du côté desnégociations,& acheta la Paix à force d'argent(5b5); enſorte que cette

Guerre& cette Paix ont été également deshonorantes pour la Nation,&ruineuſes pour la Compagnie.

Auv commencement du mois de Mars de cette année, les Frangois atta-quèrent de nouveau Goudelour(i), dont ils étoient ſur le point de s'em-parer, lorſque Eſcadre Angloiſe, commandée par M. Griffin, parut, le 13,devant la Rade; ce qui les obligea encore de ſe replier ſur Pondichery,avec armes& bagages. IIs avoient mis deux Vaiſſeaux en Mer pour ſe rendremaitres d'un Navire Anglois arrivé à Goudelour, depuis peu de jours. Unautre Vaiſſeau de cette Nation, nommé la Princelſe Amelie, ignorant la priſede Madras, étoit entré, en dernier lieu, dans le Port de cette Ville, avecde grandes richeffes, qui tombèérent en partage aux Frangois. LEſca-dre Angloife Stoit forte de huit Vaiſſeaux de guerre, un Brigantin& uneChaloupe. Ce ſecours venoit d'autant plus à propos, que les Frangois, enfaifant leur paix avec les Maures, les avoient diſpoſés à abandonner lesAnglois,& à ſe retirer du cêté d' Arcatte.

Vnns la fin du mois d'Octobre, on découvrit une grande trahiſon, dontle but étoit de faire tomber Goudelour entre les mains des Frangois. LeChef des Siepas, ou Soldats Noirs, qui entretenoit correſpondance avec leGouverneur de Pondichery,& qui en avoit déja regu une bonne ſommeT'argent, devoit, ſous promeſſe d'une recompenſe plus conſidérable, ſe jet-ter, avec ſes Soldats, du côté des Frangois, lorſqu’ ils ſeroient à portéeFentrer dans la Place. On ſgavoit depuis quelques jours, qu'ils falſoientmarcher des Troupes,& qu'ils ſe préparoient à une nouvelle entrepriſe;mais la découverte d'une perfidie, ſur laquelle ils avoient compté(4¼), le

retour

(†) ELes Maures ſont Souverains du Pays; mais ſuivant les Miſſionnaires Danois, ce

mais les maiſons& tout ce qu'elles renfer-ment appartiennent aux Malabares& aux Pa-rias, Nations neutres, qui m'avoient rien àdéméler dans cette Guerre.

(g) Cétoit le Sr. de Mainville.

(b) Il en a couté cent mille roupies en mar-chandiſes,& cinquante mille en argent.

(i) Le Mémoire de M. de la Bourdonnaisdit que M. Dupleix s'y trouvoit en perſonne;

doit avoir été dans unc autre occaſion.

(k) M. de la Bourdonnais n'aura appa-remment rien ſcu de cette trahiſon, dont lesMiffionnaires Danois rapportent les cir-conftances. IIs ajoùtent, qu'un Domeſtiquede l'ancien Gouverneur de Madras, fut trou-vé coupable du même crime,& qu'il en avoitété puni, ainſi qu'un autre de ſes Complices.