SuPPLEMENT.17CSDiverſeseſcarmouchesavec les Fran-gçois.
Les deuxArmées paſ-ſent le Colo-ram.
Diverſiondes Angloisdu cêté d'Ar-
catte.
Priſe de
cette Place.
108 DFESCRIPTION DE L A
chaque côté de la Ville. Enſuite le Capitaine Gingen ayant regu quelquesrenforts d'Angleterre, eut ordre de faire tout ſon pofſible pour livrer lecombat aux ennemis.
DAàANS cette vüe le Gouverneur, qui ſe reconnoiſſoit Sujet& Ami de Ma-homet-Aly-Kan, fut ſommé, au nom du Nabab, de donner entrée auxTroupes, dans ſa Fortereſſe; mais ſur ſon refus, on réſolut le 1er Juillet,de mettre le feu à la Ville. Le Gouverneur, pour ſe vanger, ouvrit ſesportes aux Frangois, qui commencèrent aufſi-tét Fattaque avec quatre pis-ces de campagne, tandis que le gros de leur Armée vint prendre en flancle Nabab,& le chargea ſi vivement qu'il fut obligé de ſe retirer avec pré-cipitation à Wtatúr(p), laiſſant en arrière la plüpart de ſes munitions&de ſes bagages. Les ennemis le pourſuivirent,& s'étant campés à cinqmiles de diſtance de ſon Armée, ils firent, peu de jours après, une nou-velle attaque contre ſon avant-garde, commandée par le Capitaine Dalton,qui les repouſſa avec une perte conſidérable. Mais la déſertion s'étant mi-ſe dans les Troupes du Nabab, qui manquoient d'ailleurs de proviſions,PArmée paſſa le Coloram, qui eſt un des bras du Fleuve Caveri,& vintcamper ſous les murs de Tirichinapaly. Les ennemis ſuivirent de pres,& traverſant auffi le Coloram, ils s'emparèrent du fameux Pagode deSiringam(q), quatre miles au Nord des Alliés. Les premiers n'avoientpas des forces fuffiſantes pour entreprendre le Siége de cette Ville, maiscomme ils en recevoient journellement de nouvelles, on jugea à propos dedétacher autant de Troupes dont on pourroit ſe paſſer, pour faire une di-verſion dans la Province d' Arcatte.
M. Cüve, jeune homme, qui étoit Pourvoyeur de'Armée, ſe ſentantplus d'inclination pour le ſervice militaire, offrit de ſe mettre à la tétedes Troupes qu'on deſtinoit à cette expédition. Apres en avoir reg lacommiſſion, en qualité de Volontaire, ſans paye, il partit pour Madras,le 2 de Septembre, à bord d'un Vaiſſeau de la Compagnie des Indes,avec cent trente Européens, qui furent renforcés par quatre-vingts autresde la Garniſon du Fort Saint-George, d'ou il marcha droit à Arcatte, dontil s'empara ſans réſiſtance(r). Les Habitans, craignant le pillage, lui of-frirent une rangon conſidérable; Mais le généreux Clive, loin de l'accep-ter, fit publier, que ceux qui voudroient reſter dans la Place, n'y ſeroientexpoſés à aucune inſulte;& que ceux qui préféreroient d'en ſortir, au-roient la liberté de partir avec tous leurs effets, à exception des vivres,dont on leur payeroit le juſte priv. Une ſi ſage conduite lui acquit la con-fiance&'affection des Peuples, au point que, dans la ſuite, ceux d'entreles Habitans qui s'étoient retirés de la Fortereſſe, ſe crurent obligés, parreconnoiſſance, d'avertir Clive de tous les deſſeins des ennemis; ce qui
pro-
(p) Fort à vingt miles de Volkonda,& àmoitié chemin de Tirichinapaly. Ce lieu nefe trouve point dans la Carte de M. d'An-ville, non plus que la route ſur laquelle M.Green le met dans la ſienne.
(q) Ou Sbirangam, ſitué dans une Iile
kormée par les deux principaux bras du grand
Caveri. Voyez ci-deſſus, pag. I11.
(r) Le 12 Septembre, ſuivant les Miſſion-naires Danois. IIs ajoQtent, que la Garni-ſon de la Fortereſſe, conſiſtant en cinq censhommes de Cavalerie& mille d'Infanterie,avoit pris la fuite à l'approche de ce petitDétachement Anglois.