PRESOUISLE EN DECA DU GANGE, Liv. III. 113
tive doit être plutêt regardée comme'effet du reſſentiment perſonnel deM. Dupleix contre le Capitaine Clive, à qui il ne pardonnera jamais d'a-voir détruit ſa nouvelle Ville.
APRRs la réduction d'Acheveram, où les Anglois trouvèrent une gran-de quantité de grains, quelques canons& autres munitions de guerre, leCapitaine Clive ayant regu avis, que M. d'Auteuil s'étoit retiré d'Utatür,& campoit ſous ſes murs de Volkonda, partit le 10 Juin pour s'y rendre.II paſſa cette nuit à Utatqr,& le lendemain de bon matin, il détacha unParti de Marattes, pour amuſer l'ennemi juſqu'à ſon arrivée. Clive ſuivitlui-même vers le midi, avec le reſte de ſes Troupes,& commengant aufſi-uot Fattaque, il chaſſa les Frangois du Village où ils étoient campés,&s'empara de leur artillerie. IIs tentérent de ſe jetter dans le Fort; mais leGouverneur, qui craignoit le reſſentiment des Anglois, ayant fermé ſesportes, ils furent forcées d'eſcalader la muraille pour les ouvrir,& tandisqu'ils y Sétoient occupés, Clive en fit un grand carnage; Cependant nevoulant pas les détruire tous, il leur fit offrir une ſuſpenſion d'armes, qu'ilsacceptèrent ſur le champ. On convint d'une Capitulation, ſuivant laquel-le le Capitaine d'Auteuil& trois autres Officiers devoient reſter pri-ſonniers, fur leur parole, l'eſpace d'une année,& les Soldats juſqu'à l'é-change. L'argent& les proviſions de toutes eſpèces tombèrent en par-tage au Nabab, qui fit un butin conſidérable à cette occaſion. On avoitpris, aux Frangois, quarante-huit mille roupies, quatre pièces de canon& deux mortiers, outre une prodigieuſe quantité de munitions de guerre.
LE méme jour que Clive s'empara de Volkonda, Sander-Saheb, qu'onappelloit le Nabab Frangois, fut fait priſonnier par les Alliés. Depuis ſaretraite dans le Pagode de Shirangam, la fortune lui avoit conſtammenttourné le dos. Les Anglois s'étant rendus mattres de tous les Poſtes auxenvirons, il ne pũt tirer ni argent, ni proviſions;& ſon Armée, qui étoitde plus de trente mille hommes, fut diſperſée& fondue en moins de deuxmois. La plüpart de ſes Troupes paſſêrent du cêôté de ſes ennemis. Sanderlui-même, avec les Frangois& un petit nombre de Cipayes& de Cava-liers Nèêgres, qui lui reſtoient, ſe trouva bien-tòôt dans l'Stat le plus déplo-rable,& dépourvũ de tout moyen de ſubſiſter. Dans cette extrémité, leNabab les fit ſommer de ſe rendre tous priſonniers; Sander, voyant l'impoſ-ſibilité qu'il y avoit de tenir plus longtems, s'échapa de nuit,& alla ſe re-mettre entre les mains de Mona-Gy, Général du Roi de Tanjour, un desAlliés(i). On dit que ce Général en avoit regu de l'argent,& qu'il s'étoitengagé de favoriſer ſon évaſion; mais dées qu'il l'eut en ſon pouvoir, il lejetta dans une étroite priſon;& comme les Alliés prétendoient tous l'avoir,le Roi de Tanjour, pour conſerver ſon droit, lui fit trancher la téte,&ordonna qu’'elle fut expoſée dans le Camp(X).
SANDER-
(¹) On apprend des Miſfſionnaires Danois portées un peu différemment par les Mif-que les Rois de Maduré& de Maiſſour s'é- ſionnaires Danois. Selon eux, Sander-Sahebtoient déclarés depuis peu pour les Anglois, fut arrêté par les Troupes de Tanjour, qui& qu’ils leur avoient envoyé des Troupes. Payant reconnu le matin, le conduiſirent en
() Ces derniéres circonſtances ſont rap- priſon, le 11 Juin; Aprés trois jours de con-
AITIV. Part. P ſeil.
DERNIEREBGuERRES DEL.INDE.SuUrPLEMENT.
Un de leursconvois eſtpris dansVolkonda.
Butin con-ſidérable.
Défalte ta*tale de San-der-Saheb.
Il eſt déea-pité.