DERNIRREsSGoEhRRes DE
L'INDE.
SUPPLEMENT.
1752.Lö—
Ravages desMarattes.
Ils ſe joi-gnent auxFrangçois.
116 DESCRIPTION DE LA
„ Convoi conſidérable de munitions de guerre, que M. Dupleix envoyoit au„ Sr. de Kerjean, ſous Peſcorte d'un Officier& de cinquante hommes, tomba,„ par la faute du Guide, dans une embuſcade de cent cinquante hommes de„ Troupes Angloiſes, qui furprirent enſuite Armée de Kerjean,& pénẽé-„ trérent juſqu'au milieu du Camp, ſans rencontrer une ſeule Sentinelle. Ce„ Détachement fut fo0tenu de près par le reſte des
„ s'avangoient au centre, avec la Cavalerie Maratte ſur Patle gauche,& la„ Cavalerie Maure fur la droite. Les Frangois, accablés tout à coup par tant„ d'ennemis, furent battus à platte couture, les Indiens de leur parti taillés„en pieéces,& plus de deux mille hommes, tant Payſans Frangois que Caf-„fres& Cipayes, faits priſonniers. Kerjean lui-même, jeune homme ſans ex-„ périence,& Neveu de M. Dupleix, fut dangereuſement bleſſé,& les Ma-„rattes coupérent le nez& les oreilles à quatorze Officiers Frangois, qui a-„voient violé leur parole donnée aux Anglois, de ne point ſervir contr'eux„Leſpace d'une année. M. Dupleix envoya là-deſſus quelques palanquins pour„ faire tranſporter ces Officiers à Pondichery; mais les Marattes refuſèrent„ de les laiſſer partir,& tout ce que le Gouverneur put faire, en faveur de„Ces infortunés, fut de leur procurer des Chirurgiens, pour panſer leurs„ playes, ouù les vers s'Etoient déja mis“.
LE 19, les Anglois ſe rendirent maòtres de Cobalao(v), dont ils détruiſi-rent les fortifications, après en avoir chaſſé les Frangois;& le 1er d'Octobre,ils prirent gengili-pottey(x); Fortereſſe importante, ſituée dans les terres.Cette dernière expédition fut faite par un Détachement de Troupes qu'on yavoit envoyé ſous les ordres du Capitaine Clive. L Armée Angloiſe occupoitencore ſon même Camp à la fin du mois de Décembre; ce qui rendoit les vi-vres d'une cherté énorme dans cette Place.
D'uoN[ autre côté, les Marattes n'avoient ceſſé de ravager le Pays depuisle commencement de l'année. Au mois de Janvier, ils pillèrent pluſieursHabitations dans les environs de Shidambaram. Un gros Parti de ces Peu-ples étoit venu, au mois d'Aoùt, de Tirichinapaly près de Cudelur, pour fai-re éprouver le même ſort à divers Villages, dont les malheureux Habitansſe ſauvèrent ſur la Cêòte, ou dans les Bois. Comme les Marattes enlèventou violent les femmes qui leur plaiſent, pluſteurs de ces infortunées ſe pré-cipitérent dans la Mer pour ſe délivrer de leurs mains. On fut longtemsſans ſgavoir quel parti prenoient ces Brigands; mais au mois de Décembre,on fut informé qu'ils s'étoient joints aux Frangois,& qu'ils continuoient leurscourſes ſur les frontiéres des Anglois().
Troupes Angloiſes, qui
MAL-
pour conduire Mouzaferzingue dans les Etatsdont il vouloit le mettre en poſſeſſion; au-lieud'aſſiéger premièrement Tirichinapaly, qu'ilpouvoit emporter à coup fuùr,& marcher en-ſuite du cêôté de Golkonde, ou l'on auroit faitun butin immenſe. Mederl. Gedencboek. Janv.1754. pag. 18.
(v) On écrit ce nom de différentes maniè-res. Ceſt une petite Ville à ſix miles au Nordde Sadras. Voyez la Carte, ou elle eſt mar-
quée comme appartenant aux Hollandois.
() OQu Sbenhel- pettey, ſuivant nôtre Carte& celle de M. d'Anville, ſur le bord du Pala-ru, ou Riviere de lait, qui ſe jette dans laMer, au-defſous de Sadras.
(y) Ces cinq derniers articles, qui ne ſetrouvent pas dans le Mémoire de M. Green,ſont tirés de différentes Rélations qu'on croitauthentiques,& principalement de celles desMiſſionnaires Danois.