PRESOUISLE EN DECA DU GANGE, Lrv. III. 125
ville trouve ce réfultat plus conforme à la largeur de la Preſqu'ſle, évaluéeſur des meſures itinéraires. Sa Carte de PInde fournit en droiture,& àTouverture du compas, entre Pondichery& Mabés, quatre-vingt-ſix lieuesmarines, ou de vingt au degré, tandis que d'autres Géographes donnentjuſqu'à cent lieues à cet intervalle.
MaàHE, eſt un Etabliſſement François, ſitué ſur la Côte de Malabar,entre Cananor& Calicut, à l'entrée d'une Rivièére, qui ſe navige quelqueslieues dans les terres, à l'aide de la marée. Les montagnes ne ſont éloi-gnées de la Mer que de cinq ou ſix lieues,& le Pays, qui eſt nommé Car-tenattu, obéit à un Seigneur, appellé Bayanor, qui reconnoit le Roi deCananor pour ſon Souverain.
LàA Compagnie des Indes de France doit cet Etabliſſement à la valeurde M. Mahé de la Bourdonnais. A ſon arrivée dans PInde, en 1724, iltrouva, à Pondichery, les Vaiſſeaux prêts à partir pour enlever cette Pla-ce aux Habitans du Pays. LEſcadre, qui devoit Pattaquer, étoit comman-dée par M. de Pardaillan. Quoique M. de la Bourdonnais ne fut que ſe-cond Capitaine, il fut chargé, dans cette occaſion, du détail de preſquetoutes les opérations de guerre& de régie. II imagHa une nouvelle can-ſtruction de radeaux, qui procura aux Froupes la facilité de deſcendre àpied ſec en ordre de Batailſe. La Guerre dura juſqu'à l'année ſuivante,&elle finit par la priſe de Mahé, qui fut ſuivie d'un Traité de Paix, au mo-ment même où M. de la Bourdonnais étoit armé pour brüler toutes les Ha-bitations des ennemis le long de la Côte.
Daxs la ſuite, c'eſt-à-dire en 1741, de la Bourdonnais eut Pocca-ſion de ſauver ſa conquéte. Le Comptoilt de Mahé étant bloqué depuisdix-huit mois, par les gens du Pays, le Gouverneur& le Conſeil de Pon-dichery lui propoſèrent d'y porter du ſecours. Il ne balanga pas,& mità la voile le 22 d'Octobre. L'exercice de ſes Equipages, peu in-ſtruits des évolutions militaires, Poccupa tout entier pendant la route.Heureufement la connoifſance qu'il avoit du terrain, lui fit imaginer de lesdreſſer à combattre par pelotons,& à ſe rallier toüjours derriêre leursChefs.
LEs ennemis, à qui il avoit à faire, habitent un terrain montagneux,coupé par tout de foſſés, de quinze à dix-huit pieds de profondeur, qu'onpeut regarder comme autant de coupe-gorges pour les Européens, qui au-roient bimprudence de s'y engager. Ce ſont de grands hommes baſanés,legers& vigoureux: On les nomme Naires(L). Ils n’ont point d'autreprofeſſion que celle des armes,& ils ſeroient fort bons Soldats sils étoientdiſciplinés. Comme ils combattent ſans ord re, ils prennent la fuite, desqu'on les ſerre de près avec quelque fupériorité; mais s'ils ſe voyent pouſ-ſés avec vigueur,& qu'ils ſe croyent en danger, ils reviennent, ſe bat-tent en furieux juſqu'à la derniére goute de leur ſang,& ne ſe rendent ja-mals.
CEs Naires, campés devant MahGCi devoient le lendemain faire une at-taque
(5) Voyez la Deſcription de la COte de Malabar, au Tome précédent.
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DEgsckhTIoNDE LA CTEDE COROMAN-DEL.
Largeur dela Prefqu'Ifle.
Mahé,ComptoirFrançois.
MBourdonnaisen fait la con-
quete.
Secondeexpéditionqui ſauvecette Place.