Band 
Tome quatorzième.
Seite
134
JPEG-Download
 

DEsckRIPTIONDELA COTEDE COROMAN-DEL.

134 DESCRIPTION DE IL Aſoixante écus,& quelquefois davantage(°). Ce droit fait une ſommeconſidérable; car il ſe préſente ſouvent juſqu'à ſix ou ſept cens bàteaux. Onmarque à chacun l'endroit deſtiné pour ſa péche. Autrefois dès le mois deJanvier, les Hollandois déterminoient le lieu& le tems ou elle devoit ſefaire cette année-là, ſans en faire auparavant l'épreuve. Mais comme ilarrivoit ſouvent, que la ſaiſon, ou le lieu marqué, n'étoit pas favorable,&que les hustres manquoient, ce qui cauſoit un préjudice notable après lesgrandes avances qu'il avoit fallu faire, on a changé de méthode,& vers lecommencement de l'année, la Compagnie envoye dix ou douze bàteaux aulieu où Fon a deſſein de pécher. Ces bâteaux ſe ſéparent en diverſes Ra-des,& les Plongeurs pêchent chacun quelques milliers d'huitres, qu'ils ap-portent ſur le rivage. On ouvre chaque millier à part,& on met aufſi àpart les Perles qu'on en tire: Si le prix qui ſe trouve dans un millier monteà un écu ou au- delà, c'eſt une marque que la pêche ſera en ce lieu-là très-riche& très-abondante; mais ſi ce qu'on peut tirer d'un millier n'alloit qu'àtrente ſols, comme le profit ne paſſeroit pas les fraix qu'on ſeroit obligé defaire, il n'y auroit point de péche cette année-la. Lorſque FP'épreuve réuſ-ſit,& qu'on a publié qu'il y aura péche, il ſe rend de toutes parts ſur laCôte, au tems marqué, une affluence extraordinaire de peuple& de bàteaux,qui apportent toute forte de marchandiſes. Les Commiſſaires Hollandoisviennent de Colombo de PlIfle de Ceylan, pour préſider à la péche. Lejour qu'elle doit commencer, Pouverture s'en fait de grand matin par uncoup de canon. Dans ce moment tons les bteaux partent& s'avancentdans la Mer, précédés de deux groſſes Chaloupes Hoſlandoiſes, qui mouil-lent une à droite& l'autre à gauche, pour marquer les limites du lieu dela péche,& aufſi- tét les Plongeurs de chaque bâteau ſe jettent à la hauteurde trois, quatre&-cinq braſſes. Un bateau a pluſieurs Plongeurs qui vontà Peau tour à tour: Auffi-tôt que l'un revient l'autre s'enfonce. IIs ſont at-tachés à une corde, dont le bout tient à la vergue du petit bàtiment,& quieſt tellement diſpoſée, que les Matelots du bateau, par le moyen d'une pou-lie, la peuvent aiſément lächer ou- tirer, ſelon le beſoin qu'on en a. Celuiqui Udhe⸗ a une groſſe pierre attachée au pied, afin d'enfoncer plus vite,& une eſpeéce de ſac à ſa ceinture pour mettre les huitres qu'il peéche. Dèsqu'il eſt au fond de la Mer, il ramaſſe promptement ce qu'il trouve ſous ſamain,& le met dans ſon ſac. Quand il trouve plus d'huttres qu'il n'enpeut emporter, il en fait un monceau,& revenant ſur l'eau pour prendrehaleine, il retourne enſuite, ou envoye un de ſes Compagnons le ramaſſer.Pour revenir à Pair il n'a qu'à tirer fortement une petite corde différentede celle qui lui tient le corps; un Matelot, qui eſt dans le bäteau,& quitient l'autre bout de la même corde, pour en obſerver le mouvement, don-ne auffi-tõt le ſignal aux autres,& dans ce moment on tire en haut le Plon-geur, qui pour revenir plus promptement détache, sil peut, la pierre ravoi

(*) Suivant d'autres, on paye ce droit des tenir les Pécheurs, en cas d'attaque,& àpierres, dont les Pécheurs ſe ſervent;& C'eſt faire reparer leurs batimens, 8 1l leur arrivece que les Hollandois appellent Steengelden. quelque accident. Voy. de Gautier Scbouten.En échange, la Compagnie eſt engagée à main-