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Tome quatorzième.
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DE FRANCE ET DE BO0URBON, Lrv. III. 189

à-peu-prés autant dans VIfle de Bourbon: au-lieu qu'en peu d'années, M. dela Bourdonnais en a fait faire plus d'onze mille toifes(5).

SANs Ingénieur& ſans Architecte, il fut obligé d'exercer lui-même cet-te double fonction. Comme il ſavoit heureuſement les Mathématiques&les Fortifications, il dreſſa des plans qui furent approuvés de la Com-pagnie. Mais, pour les exécuter, il fallut former des Ouvriers de touteeſpéce; en raſſemblant tout ce qu'il put trouver de Négres, en les met-tant en apprentiſſage ſous les Mattres Quvriers qu'’il avoit en fort petitnombre. On doit s'imaginer combien il lui couta de peines, pour obligerles uns à donner leurs inſtructions,& les autres à les recevoir. L'aſſem-blage des matériaux ne fut pas une opération moins difficile. II falloit cou-per du bois, tirer des pierres& les tranſporter; mais il n'y avoit ni che-mins, ni chevaux, ni voitures. Il fut donc obligé de faire ouvrir des che-mins, dompter des taureaux,& conſtruire des voitures, par des gensd' autant plus rebutés de ces entrepriſes, qu'ils joignoient, à leur pareſſenaturelle, une extrême inſenſibilité pour le bien public. C'eſt ainſi qu'ileſt parvenu à faire des ouvrages conſidérables& d'une utilité reconnue. LaCompagnie n'a pas profité ſeule du fruit de ſes travaux. Toute la Coloniea tiré les plus grands avantages de Pétabliſſement des chemins,& de l'u-fage des voitures; mais fur-tout, de l'émulation que le ſuccès a fait nat-tre parmi les Habitans. On a bien-tòt vü le prix de la plpart des maté-riaux, tels que le bois, la chaux,&c. réduit au cinqulème de ce qu'ilsavoient couté juſqu'alors(i).

L'IsrE de France n'avoit pas d'autre Hôpital qu'une cabane, conſtruitede pieux, en forme de paliſſade, qui contenoit à peine trente à trente-cinq lits. Le nouveau Gouverneur en fit conſtruire un, qui peut contenirenviron quatre ou cinq cens lits. L'adminiſtration de ces lieux le jetta dansd'autres peines. Comme on n'avoit pas une quantité de bœufs ſuffiſantepour entretenir une boucherie continuelle, il étoit ſouvent dans la néceſſitéde faire nourrir les malades de tortues& de gibier. IIs ſe plaignoient decette œconomie forcée, comme s'il avoit dépendu de lui de les traiter mieux.D'ailleurs les inconvéniens de la friponnerie, de la négligence& de L'inca-pacité, P'obligèrent de changer ſouvent la régie des Hòôpitaux. II ſe vitméme aſſujetti, pendant une année entière, à les viſiter journellement deshuit heures du matin().

Ox parle avec admiration de tout ce qu'il a fait conſtruire, en Maga-ſins, en Arſenaux, Batteries, Fortifications, Logemens pour les Officiers,Bureaux, Moulins, Aqueducs. Le ſeul Canal de PIfle de France, qui con-duit les eaux douces au Port& aux Hôpitaux, contient trois mille ſix censtoiſes de longueur. Avec la commoqdité de cet Aqueduc, non-ſeulementles Habitans& les Malades ont actuellement à leur porte l'eau douce, qu'onétoit obligé d'aller prendre à plus d'une lieue; mais encore les Equipages desVaiſſeaux la trouvent au bord de leurs Chaloupes(!).

Ox m'admire pas moins les changemens qui regardent la Marine. Avant

Parrivée

(5) Widem.(i) Pag. 13.(¼) Ibid.(¹) Pag. 14.

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SupPLEMENTA LA DESscChRIP-TIoN DEs Is-LES DE FRAN:-CE ET DEBonRßoN.

Hôpitaux.

Diverſesconſtructions

Bel Aqueduc

Marine.