DE FRANCE ETDE BOURBON, Lrv. III. 191
Mocka, que larbre de Caffé, dans leurs terres, jettoit d'abord beaucoupde branches par le haut; qu’'après cinq à ſix ans, il dépériſſoit par ſon mi-lieu; qu'enſuite les branches du bas s'étendoient beaucoup,& qu'étant fortmenues& fort chargées de fruit, les unes rampoient,& celles de deſſuscaſſoient au bas de la tige par le poids de ſon fruit. Ils demandoient, à ceſujet, s'il convenoit d'claguer Parbre par le pied, pour J'arréter par le haut;s'il falloit faire quelque taille aux branches,&cC. Le Sieur Miran„ qui réſi-doit alors à Mocka, répondit„qu'ayant obſervé que larbre de Caffé enArabie, vivoit plus long-tems ſain& dans un état plus naturel,& queles Arabes ignoroient la méthode de faire des tailles aux branches q'au-cun arbre, il croyoit que celà venoit de ce que le ſol de PIfle de Bour-bon n’'Stoit pas ſi favorable à cet arbre. Mais, l'année ſuivante, ayantdécouvert la véritable maniere dont les Arabes font leurs ſemis, il crutdées-lors que le défaut des arbres de'Ifle de Bourbon pouvoit provenirde ce qu'on y faiſoit les ſemis des gouſſes entiéres, qui contenant deux„ grains,& par conſéquent deux germes, l'un des deux pouvoit avoirplus de force que'autre,& qu'apparemment celà cauſoit le deſordre quiarrivoit à'arbre de Caffé dans I'Ifle de Bourbon“.
Crgsr de-la ſans doute que le meme Negociant prit occaſion de compo-fer un Mémoire ſur l'origine, la culture& le commerce du Caffé, pourFinſtruction de la Compagnie des Indes(p). Sa longueur ne permet pasde le rapporter; mais on en détachera quelques obſervations, qui convien-nent à cet Article(7).
Loxseur le Caffé fut connu en France(r), tout ce que les Négociansen apportèrent y fut regu avec lempreſſement que la Nation a toũjours pourla nouveauté. Les Particuliers, qui commergotént par Mer avec la permiſ-ſion de la Compagnie, en firent venir du Golfe Arabique par l'Ocean;&par la Méditerranée, du Caire,& des autres Echelles du Levant. Leurprofit fut conſidérable, parcequ'il ne payoit d'entrée, comme les autresmarchandiſes, que cent ſols pour le cent peſant, ſuivant le tarif de 1664.Mais la liberté de ce Commerce fut ſupprimée en 1692. Les Fermiers desAides ayant repréſenté à la Cour, que le Caffé étoit devenu ſi commun dansle Royaume, que les droits qu'ils en percevoient leur paroiſſoient trop mo-diques, un Particulier nommé Frangois Damame, offrit de leur payer an-nuellement une ſomme trés-conſidérable, ſi le Roi vouloit lui accorder lePrivilège excluſif du Caffé, du Thé, du Sorbet& du Chocolat. Il obtint desLettres Patentes, en forme d-Arrét, par leſquelles il Iui fut permis de ven-dre quatre francs la livre de Caffé; celle du meilleur Thé cent francs, cin-quante francs le médioere,& trente, le commun; le Sorbet ſix francs,&le Chocolat de méme; le Cacao quinze francs;& la vanille dix-huit francsle paquet, compoſé de cinquante brins. On lui accorda auſſi de ſe fairepayer trente livres de droit annuel par tous les Limonadiers de Paris..dix livres par ceux de la Province. Le même Arrét fixa la priſe de Caffé
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(p) N eſt, dans toute ſon étendue, à la(2) Voyez auſſi nétre Supplement à l'Ar-fin du Tome III. de'Hiſtolre des Indes an- ticie précédent. R. d. E.ciennes& modernes..(r) En 1669, ſuivant 1'Anteur,
SurFLEMENTA La DEscRlp-TION D Is-LES DE FRAN-CE ET DEBocnkoN.
Remarquesſur le Com-merce duCaſté en Fran-ce.
FrançoisDamame,premier pri-le vendre.