PAR LE SUD.O UEST, Lrv. IV. 233
la vüe de la Terre. Le 10 d-Avril, on découvrit une Ifle fort baſſe& depeu d'étendue, d'où l'on ne put tirer que des herbages,& de l'eau depluye, qui étoit tombée le même jour. On n'y voyoit qu'une ſeule bordu-re d'arbres verds. Cette Ifle, qui fut nommée Me des Cbiens, parcequ'oncrut y avoir appergu trois de ces animaux, qui n'aboyerent point,& quine jettérent aucun cri, eſt à quinze qegrs& ſuivant Feſtimation des Pi-lotes, à neuf cens vingt-cinq lieues de la Còôte du Perou. Les briſans yſont fort impétueux(t).
LE vent ayant commencé à ſouffler du Nord, on courut à l'OQueſt, dansFeſpérance de rencontrer les Ifles de Salomon. Le 14, on découvrit auNord-Oueſt, une grande Ile fort baſſe. Vers le ſoir on n'étoit pas à plusd'une lieue de la Terre, lorſqu'on vit venir un Canot monté de quatre In-diens, nuds& peints de rouge, à l'exception de leurs cheveux, qui étoientnoirs& fort longs. IIs s'approcherent du Vaiſſcau, à la portée de la voix,invitant les Hollandois par des cris& des ſignes, à deſcendre au rivage.Mais, comme on ne put les entendre,& qu'en approchant de l'Ifle on netrouva point de fond ni de changeme ent d'eau, fans compter que la CôteStoit couverte d'un grand nombre d'Inſulaires, dont on ignoroit les diſpoſi-tions, on prit le parti de s'éloigner. Cette Ifle eſt fort longue, mais ellea peu de largeur. On y voyoit quantité d'arbres, qu'on prit pour des pal-miers& des cocotiers. Sa hauteur eſt de quinze degrés quinze minutes,&ſon rivage parut de ſable blanc(v).
ApRis avoir fait, vFer r⸗ nuit, environ dix lieues au Sud- Sud-Queſt,on fut ſurpris, le matin, de ſe trouver fort près d'une Côte, où l'on vitencore pluſieurs hommes nuds(*). Trois d'entr'eux partirent dans un Ca-not,& s approchéèrent de la Chaloupe. IIs y furent traités avec tant dedouceur, qu'un des trois eut la hardieſſe de monter ſur le Vaiſſeau: mais,au- lieu de préeter l'oreille aux diſcours des Hollandois, il ſe mit à tirer le scloux des petites fenêtres d'une cabane;& ſon adreſſe parut extréme àles cacher dans ſes cheveux. Les deux autres, tournant autour du Vaiſ-ſeau, tiroient de toute leur force les grandes chevilles,& s'irritoient de nepouvoir les arracher. On jugea quiils n'avoient d'eſtime que pour le fer.Ils étoient peints du haut en bas, de diverſes figures, qui ſembloient repré-ſenter des ſerpens, des dragons,& d'autres objets monſtrueux. Le fondde a pee nac Stoit bleu, tel que celui qui reſte d'une brülure, cauſée parde la poudre à canon. On leur verſa du vin, dans leur Canot; mais, après'avoir bü, ils refuſéèrent de rendre la couf pe. Cependant, comme ils n'a-voient pas donné d'autre marque de férocits, on envoya la Chaloupe au ri
vage, Iles ganorae hommes, dont huit étoient armés de mouſquets,&ſix de grands ſabres. A peine eurent-ils touché la Perre, que trente deces s. ſortant d'un bois avec de gr. offes maſſues, entreprirent deleur arracher leurs armes,& de tirer la Chalo upe à ſec. IIs s'étoient déjaſaiſ is de deux Hol landois, qu'ils s'efforgoient de trainer dans le bois. Maisles Mouſquétaires tirerent fur eux trois coups, qui en bleſſérent quelques-
uns
(t) Pag. 589& 590. Ifle que la n e te, qui eſt fort longue.
(v) Pag. S9r. 8 d. E
(x*) II paroit que c'toit encore la mêmeGg 28—
I2æ MaäAIAn.
1616.
le des
Chiens.
Ifle ſans nom.
Iſle ſans
1,
Paſſion desInſulairespour les
cloux.
V. ioldontpunis.
ence
s font