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Tome quatorzième.
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Paix établie.

242² VOYAGES AUX INDES ORIENTALES

LE méme jour, on vit parottre pluſieurs Canots, qui vinrent échangerpaiſiblement diverſes proviſions pour des cloux, des couteaux& des grainsde verre. IIs n'étoient pas moins exercés au vol que les Habitans des au-tres Ifles, ni moins adroits à plonger. Leurs maiſons, qu'on appercevoitdu Vaiſſeau, étoient couvertes& fermées de feuilles d'arbres, de formeronde,& terminées preſqu'en pointe. Elles avoient à-peu-prés vingt-cinqpieds de tour,& dix ou douze de hauteur, avec un trou pour porte, p 8jequel on ne pouvoit paſſer qu'en ſe baiſfant juſqu'aà terre. On y trouva,pour meubles, quelques herbes auſſi féches que le foin, qui ſervent de litaux Habitans, avec un ou deux hamegons& leurs verges;& dans quel-ques-unes, des maſſues de bois.

LINQuIETUDE od T'on étoit ſans ceſſe à la ve d'un grand nombre deCanots, qui s'aſſembloit de toutes les parties de IIfle,& le refus que lesInſulaires faiſoient conſtamment de venir à bord, firent prendre au Capitai-ne la réſolution d'envoyer à terre trois de ſes gens, pour y demeurer enötages. On retint, en méême-tems, ſix des principaux Sauvages, qu'ons'efforgça d'apprivoiſer par la bonne chêre& des préſens. Les autres nemarquoient pas moins d'affection aux trois Hollandois. Le Roi même leurrendit toutes ſortes d'honneurs. Il tint, prês d'une demie-heure, ſes deuxmains l'une contre l'autre,& ſon viſage deſſus, ſe baiſſant preſqu'à terre,& demeurant dans cette poſture, pour attendre apparemment que les Hol-landois lui fiſſent la même révérence. IIs s'aviſêrent de la faire. Auſſi-tõt,il baiſa leurs pieds& leurs mains. Un autre Indien, qui étoit aſſis prês delui, pleuroit à chaudes larmes,& leur tenoit des diſcours auxquels ils necomprenoient rien. Enfin, le Roi retira ſes pieds de deſſous ſon derriére,ſur lequel il étoit aſſis;& ſe les paſſant ſur le cou, il shumilia& ſe roulz,ſuivant l'expreſſion de'Auteur, comme un ver de terre. Les préſens,qu'on lui fit, parurent lui plaire beaucoup. Cependant il marqua une paſ-fion ſi vive pour une chemiſe blanche, qu Aris Claaſz, un des trois Hollan-dois, avoit priſe le même jour, qu'ils furent obligés d'en envoyer chercherune autre à bord pour la lui offrir. En revanche, il leur donna trois petitsporcs(h).

ArRks cette eſpéce de Traité, on ne trouva plus de difficulté à fairede eau. Cependant on y envoya toüjours deux Chaloupes, dont l'uneétoit armée, pour défendre celle qui portoit les tonneaux. II s'y rendit unſi grand nombre de Sauvages, que les Matelots en étoient embarraſſés;mals tout ſe paſſa ſans deſordre. Le Roi s'empreſſoit lui- même d'écarterles importuns, ou les faiſoit chaſſer par ſes Officiers, avec beaucoup de fer-meté à ſe faire obéir. On ne vit pas moins d'Indiens autour du Vaiſſeau.Un d'entr'eux, étant monté par l'arrière, entra dans la chambre, d'où ilemporta un ſabre, avec lequel il eut adreſſe de sééchapper à la nage. Ondépecha fur lui un Canot, qui ne put le joindre. Schouten fit porter ſesplaintes aux Officiers du Roi. Sar le champ, ils cherchèérent le Voleur;& Payant amené, quelque éloigné qu'il füt déja, ils mirent le fabre auxpieds de ceux qui le redemandoient. Ils montroient avec les doigts,

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(b) Pag. 615& précédentes,