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Tome quatorzième.
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LE MAIRE.

1616.

2Sauvages

Ces Ilesſont nomméesIfles deHoorn.

246 VOXAGES AUX INDES ORIENTALES

guèeres qu'en noix de cocos, en ubas, en bananes& peu d'autres fruits.Les animaux qu’'ils mangent, ſe multiplient d eux-meémes. Une partie deleurs femmes cherchent, dans les creux du rivage, les petits poiſſons quela Mer y laiſſe en ſe retirant. Les autres pêchent avec de petits hamegons.On prendra quelque idée de leur cuiſine, dans la deſcription d'un feſtin,auquel le Maire, Aris& quelques autres Hollandois eurent la patience d'aſ-ſiſter. Elle peut trouver place au moins dans une Note(n). Le Roi de laſecondée Ifle étoit venu viſiter Tautre(⁰). Il avoit amené ſeize pores;&ſon cortège étoit compoſe de trois cens hommes, qui avoient, autour de laceinture, une proviſion d'herbes vertes, dont ils font leur breuvage. Lorſ-qu'il découvrit le Roi, ſon voiſin, il lui fit un grand nombre d'inclinations& de révérences. II baiſſa le viſage juſqu'à terre, en priant d'une voix forthaute, qui approchoit d'un grand cri. L'autre alla au-devant de lui,& nele regut pas avec moins de geſtes& de contorſions. Enfin, s'étant relevéstous deux, ils entrérent dans le Belai; c-'eſt le nom que les Inſulaires don-nent au logement de leur Roi. L'Affemblée, qui ſe forma autour d'eux,étoit d'environ neuf cens hommes. Ils paſſèrent enſuite ſur le VaiſſeauHollandois, où s'appercevant qu'on appareilloit pour remettre à la voile,ils marquèrent d'autant plus de joye, que, malgré les témoignages de con-fiance, ils avoient toũjours paru craindre qu'on ne ſe faiſit de leurs Iles.Aufſi cette derniere viſite fut-elle ſignalée par de nouveaux préſens. Ils s'é-toient fait accompagner d'un aſſez grand nombre de porcs;& chacun desdeux Rois en porta lui-méême un ſur ſa téte.

EN partant, les Hollandois donnèrent, aux deux Ifles, le nom d'Ifles deHoorn, de celui de la Ville où le Vaiſſeau avoit été équipé,& qui étoitla patrie de la plus grande partie de Equipage. La Baye fut nom-

mée

(n)„ Les Habitans de l'Ifle apportérent„entrailles. N'ayant point été lavés, ils é-„ quantité des mêmes herbes, dont leurs„toient encore fanglans. On n'en avoit fait„voiſins venoient chargés. Enſuite, ils„ brůler que la ſoye dans les flammes;&„ commencèrent tous à les mächer. Apréès„ pour les rêtir, on leur avoit mis des pier-„ cet exercice, ils les retirérent de leurs„ res ardentes dans le corps. Enſuite ils a-„ bouches;& mettant tout enſemble dans un„ voient été remplis d'herbes,& les foyes y„ grand vaiſſeau de bois, ils jettérent de„ Ctoient attachés avec de petites chevilles.„Feau deſſus, la mêlèrent& la paitrirent a-„ Quatorze de ces animaux furent mangés„ vec les herbes,& préſentèrent de cette li-„fort avidement. Tout ce qu'on ſervoit de-„ queur aux deux Rois& à leurs Officiers,„ vant les Rois y étoit porté ſur la tête,„ qui en burent. IIs en offrirent auſſi aux„. par reſpect,& l'on ſe mettoit à genoux„ Hollandois, qui crurent avoir fait aſſez de„ pour le poſer devant eux. Ils envoyèrent„ s'ètre trou réſens à ce ſale ſpectacle.„ les deux autres pourceaux à bord, par des„ On ſervit Iütêt, devant les Convives,„ Officiers qui les portèrent auſſi ſur leur tê-„ des racines de Cava, qui furent diſtribubes„ te,& qui les mirent aux pieds des Chefs

s. Le Roi étranger s'aſſit. Ses„ Hollandois. Ce préſent étoit accompa-

„ femmes& les gens de ſa fuite ſe placèrent„ gné d'onze petits pourceaux en vie,&lui en cercle. Chacun ſe mit à„ de quelques autres de moychne grandeur.Apreès ce premier fervice, on„ Schouten& le Maire donnéerent en retour„ apporta de grandes civiéres, de vingt à„ trois petits gobelets de cuivre, quatre cou-trente pieds de long, chargées d'ubas&„ teaux, douze vieux cloux,& quelque„ d'autres racines, crues& rôties, qui fu- verroterie“. Ibidem, pag. 624& ſuivan-

2)

„ rent auſſi diſtribuées. Enfin, l'on préſen- tes.„ ta, aux deux Rois, ſeize pourceaux, aux-(°) C'étoit pour la ſeconde fois, deus„ quels, pour tout apprêt, on avoit tiré les jours après la premieère viſite. R. d. E.