DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 257
Nariſii& de WMewati, ils achevèrent une journée d'onze miles à celui d'Oo-da, ou ils devoient paſſer la nuit. Ils avoient marché, pendant tout lejour, par des vallées agréables& fertiles,& dans les plus belles campagnes,plantées d'arbres, qui portent le thé, à quelques pas du chemin. Ces ar-briſſeaux, qui n'ont pas plus de ſix pieds de hauteur, ont fort peu d'appa-rence, lorſqu'ils ſont dépouillés de leurs feuilles, comme ils'etoient danscette ſaiſon. Les champs de riz parurent plus beaux, à Kæmpfer, quedans aucun autre Pays du Monde. Toute la Province de Fiſen eſt renom-mée par labondance de fon riz, dont on compte juſqu'à ſix différentes ſor-tes. La meilleure, qui eſt celle des environs d'Omura, ſe tranſporte à Je-do pour Puſage de Empereur.
Lrz jour ſulvant, on pafſa par Sanga, Capitale de la Province de Fiſen,pour aller paſſer la nuit au Village de Todoroki, aprés avoir fait dix à on-ze miles. Tout le Pays de cette marche eſt plat, rempli de Rivieres,&de champs ſemés de riz. Les lieux remarquabjes, ſur le paſſage, ſont pre-mierement Torimatz, grand Village, à demi mile d'Ooda. Kæmpfer yvit, pour la premiere fois, des femmes de Fiſen,& ce ſpectacle lui parutfort etrange. Elles ſont ſi courtes, qu'on les prendroit toutes pour de jeu-nes filles. Mais avec une ſi petite taille, elles ſont bien proportionnées,& la plüpart fort jolies. Elles ſe peignent le viſage, ce qui achéeve d'enfaire comme autant de poupées;& lorſqu'elles ſont mariées, elles s'ar-rachent les ſourcils. Un mile au-delà de Torimatz, on trouve un autregrand Village, nommé Kongawamas. Une Riviere bourbeuſe, qui le tra-verſe,& qui va ſe perdre dans la Mer, quatre ou cinq miles plus bas, offreun três-beau pont de bois,& n'eſt guéres ſans quelques Barques de plaifir,qui montent& qui deſcendent. Pſus loin, d'un quart de mile, on paſſepar le Village d'Utſinſin, où Pom change de Porteurs& de Voitures;& undemi-mile au-dela, par celui de Botack, aprés lequel on rencontre, à peu dediſtance, celui de Kraſignomas, qui eſt compofé de trois parties; la pre-mieére, en dega d'une grande Riviére, qui coule au Sud-Eſt, ſe nommeFooknamatz; la ſeconde, qui communique avec la premiere, par un pont decent cinquante pas de longueur, s'appelle Jakimootz-mas;& la troiſieme,Faſijnomas. Dans les deux premieres, on voit des moulins à papier,& plu-ſieurs bonnes Manufactures d'étoffes de ſoye. De la même matière que lesJaponois employent pour le papier, ils tirent une eſpéce de laine filée, quiſert à faire des voiles.
ArRfs avoir fait encore un quart de mile, les Hollandois arrivèrent auxFauxbourgs d'Onſijmatz,& bien- tOt à Sanga, réſidence du Prince ou du pe-tit Roi de la Province de Fiſen. Cette Ville eſt grande& fort peuplée,mais plus longue que large. Elle eſt fermée de murailles, autant pour Por-nement que pour ſa défenſe. Les rues ſont larges& droites, avec des Ca-naux& des Rivières qui les traverſent,& qui vont ſe perdre dans la MerdAᷣrima, proche d'une Ville du même nom. Les maiſons y ſont baſ-ſes,& les boutiques tendues de noir, pour l'ornement. Kæmpfer ad-mira ici plus que jamais la petiteſſe&'agrément des femmes, qui pa-roiſſent moins, dit- il, des créatures vivantes, que des figures de cire,quoique la couleur vermeille de leurs levres rende témoignage à leur bon-
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KaMrvrEn.1691.
Riz d'Omu-ra, réſervé à'Empereur.
Femmesd'une taille&d'une figureextraordinai