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Tome quatorzième.
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279
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DANS LEMPIRE DU JAPON, Lv. Iv. 279

Chateau, qui eſt aufſi le plus élevé des trois, on voit une Tour magnifi-que, dont le plus haut toit foꝑtient deux monſtrueuſes figures de poiffons,qui, au lieu d' écailles, ſont couverts d'Cbangs d'or(p) parfaitement polis.La porte, qui mêne au ſecond Chateau, offre une pſerre noire& polie,qui fait partie du mur,& dont la groſſeur eſt ſi prodigieuſe, qu'elle paſſepour la Merveille du Pays(). LEmpereur entretient conſtamment unegroſſe Garniſon, dans le Château d'Oſacka. Deux des principaux Sei-gneurs de EEmpire y commandent tour à tour, chacun pendant trois ans.Lorſque l'un des deux y vient commencer ſes fonctions, Pautre doit ſor-tir auffi-tét, pour aller rendre compte de ſa conduite à la Cour. IIs nepeuvent ſe voir, dans cet échange;& celui qui part, laiſſe par écrit,dans ſon appartement, ſes inſtructions à celui qui arrive(r). IIs n'ontrien à demeler avec les Gouverneurs d'Oſacka, auxquels ils font ſupérieurspar le rang.

LA Ville d'Oſacka doit être extremement peuplée, sil eſt vrai, commeles Japonois Paſſurent, qu'on peut lever, de ſes ſeuls Habitans, une Armésde quatre-vingt mille nommes. Sa ſituation, qui eſt également avantageu-ſe pour le Commerce, par terre& par eau, en fait la Ville du Japon la plusmarchande. Elle eſt remplie de riches Négocians, d'Artifans& d'Ouvriers.Les vivres y ſont à bon marché, comme tout ce qui ſert au luxe, ou àflatter les ſens. Aufſi les faponois la nomment-ils le Thedtre du Plaiſir. Ilss'y rendent de toutes les Provinces de Empire, pour y dépenſer agréable-ment le ſuperflu de leur bien. Tous les Princes& les Seigneurs, qui

oſſédent des terres à l'Oueſt, ont leurs maiſons dans cette Ville, quoi-qu'il ne leur ſoit pas permis de s'y arréeter plus d'une nuit. L eau, qu'on

boit, eſt un peu ſomache; mais on braſſe, dans les Villages voiſins, lemeilleur Saki du Japon.

LEs Hollandois partirent d'Oſacka, le 28 de Février, pour ſe rendre àMeaco, qui n'en eſt éloigné que de treize lieues. IIs avolent loué, pourcette route, quarante chevaux& quarante porte-faix. Aprés avoir paſſéla Riviéere ſur un pont, qui ſe nomme le Kiobas,& qui eſt préciſémentſous le Chaäteau, ils firent une lieue dans des champs de riz fort humides,ſur une chauffée baſſe, qui régne le long de la Rivière de Jedogava,& quieſt plantée d'un grand nombre de TſanadilsL. Ces arbres s'élévent autantque nos chénes. Leur écorce eſt rude. IIs étoient alors ſans feuilles; mais,malgré Hyver, leurs branches étoient chargées d'un fruit jaune, dont lesHabitans tirent de l'huile. Tout ce Pays eſt extraordinairement peuplé.Les Villages y ſont en ſi grand nombre,& ſe ſuivent de ſi prês, ſur legrand chemin, qu'ils forment comme une rue continuelle, juſqu'à Meaco.Immitz, Morigutz, où P'on prépare la meilleure canelle, Sadaa& Defudſi,ſont ceux qu'on rencontre les premiers. On arrive enſuite à Firacatta, quieſt compoſé de cinq cens maifons, à cing lieues d'Oſacka. Sur toute la

rou-(p) Monnoye Japonoiſe. C'eſt qu'on y garde les tréſors de lEmpereur,4) De cinq braſſes de long,& de lamê- ſur-tout les revenus des Provinces Occidenta.me épaiſſeur. les, qu'on y accumple.(r) La raifon que F'Auteur en apporte,

KEMPFEE.1691.

Richeſſes&agrémens

d' Oſacka.

Route d'O-ſacka à Mea-co.