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Tome quatorzième.
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322
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DeschiFTIONDU JaP DN.Provinces

dOku- Jeſo.

Iſles deGinſima& deKinſima, c'eſt-à-dire, d'ar-gent& d'or.

Tentatives

Ifle de Bu-ne, ou Bone-ſima.

Iſle de Fat-ſio, exil desSeigneurs Ja-ponois.

K quoi ilsS'occupent.

322 VvOYAGE DE KEMPFER

le Pays d'Oku-Jeſo en cinq Provinces, dont les noms, d’'après Kæmpfer,ſont Kaberſari, Orankai, Sitſij. Feroſan& Amariſi. Entre les deux derniéres 1elles marquent une Rivière aſſez grande, qui ſe perd dans la Mer au Sud-Queſt, derriere'Ifle de Jeſo. Mais il ne paroët pas qu'il y ait beaucoupde fond à faire ſur ces Cartes.

LEes Japonois comptent dans leur Empire, deux autres Iſles, qui ſont é-loignées de plus de cent cinquante miles des Còôtes d'Oſiu, à Eſt& à Eſt-Nord-Eſt. Ils nomment la plus ſeptentrionale& la plus éloignée du Japon,Ginſima, qui ſignifie I' e dargent;& la plus proche, qui eſt auſſi la plusgrande, Kinſima, c'eſt-à-dire, l'te d'or; noms magnifiques, dont la richeſ-ſe a tenté pluſieurs fois les Européens. La Cour d'Eſpagne, ayant apprisqu'elles ſont ſituées à l'OQueſt de PAmérique, dans cette Partie du Monde,qui lui étoit aſſignée par le Pape, comme les découvertes du còôté de l'Eſtdevoient appartenir au Portugal, employa, vers l'année 1620, un treés-habile Pilote à cette recherche. L'entrepriſe fut ſfans ſucceès. Celle desHollandois ne fut pas plus heureuſe en 1639& en 1643. Deux de leursVaiſſeaux, le Bresken& le Caſtricum, qui furent employés au ſecond de cesdeux Voyages, eurent beaucoup à ſouffrir des tempêtes;& le Breskens'Etant haſardé à faire deſcendre quelques hommes de l'Equipage,[dansun Port du Japon,] ils furent arrétés, mis aux fers,& traités cruelle-ment, comme s'ils euſſent été dans le deſſein d'envahir ou de trahir Em-pire(c).

VERS 1675, le haſard fit découvrir, aux Japonois, une très-grandeIſle. Une Barque de''Ifle de Fatſiſic, qui en eſt éloignée de trois cens mi-les à POueſt, y fut jettée par la tempête. On la trouva déſerte, mais na-turellement fertile,& bien pourvũe d'eau. Le bois d'Arak, qu'elle produiten abondance,& qui ne crott que dans les Pays chauds, fait croire àKæmpfer, qu'elle eſt plutòt ſituée au Sud qu'à'Eſt du Japon.[Les Japo-nois la nomméerent Buneſima, ou P'ſle de Bune. Ils virent, füͤr ſes Cô-tes, une quantité prodigieuſe de poiſſon& d'écreviſſes, dont quelques-unes avoient quatre ou cinq pieds de long.] Cette Iſfle de Fatſiſio,d'où les Japonois étoient partis, eſt la plus éloignée de toutes les Hlesqu'ils poffédent vers le Sud. Elle eſt fous le méême Méridien que Je-do, éloignée d'environ quatre-vingt de leurs miles de Mer, de P'Ifle deNipon, R& la dernière d'une longue rangée de petites IHles, qui ſont preſ-que contigues. Ses Côtes ſont ſi hautes& ſi eſcarpées, que pour en deſ-cendre ou pour y monter, on eſt obligé d'élever les Bateaux avec touteleur charge, par le moyen d'une eſpèce de grueé. Elle eſt d'ailleurs ſté-rile. Auſffi Empereur en a-t' il fait ſa principale Priſon d'Etat. C'eſt-làqu'il relegue ordinairement les Seigneurs qui tombent dans ſa diſgrace. Leuroccupation, dans un ſi triſte ſejour, eſt d'y faire des étoffes de ſoye;& laplüpart de ces malheureux Exilés ayant beaucoup d'adreſſe& de genie, ilsen font de ſi belles& de ſi fines, que le tranſport aux étrangers en eſt dé-fendu ſous de rigoureuſes peines(4).

Ex général, PEmpire du Japon étant environné d'une Mer Reerſe.&

or-

() Pag. 110.(c) Pag. 109.