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Tome quatorzième.
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DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. Iv. 3735

n'eſt plus ſomptueux& plus éclatant que les beaux Norimons, fur-tout Descamrrorceux dont on ſe fert dans les Villes, pour les viſites ou pour les cérémonies. Po Jarov.Leur forme n'eſt pas fort différente de celle des Cangos. Quelques-uns Leuts diffe-meme n'en ſont diſtingués, que par les bäatons qui ſervent à les porter. rences.Ceux des Cangos font ſimples, mafſifs, d'une ſeule piéce,& plus petits.

Ceux des Norimons ſont plus grands, bien ornés, creux, compoſés de

quatre petits ais d'un bois mince, proprement joints, courbés en are& fort

legers. Leur groſſeur& leur longueur ſont rêglées par les OrdonnancesImpériales,& proportionnées à la qualité du Mattre; mais on a plus d'in-

dulgence pour les Dames. Le dedans du Norimon eſt un quarré long, aſſez

grand pour s'y tenir couché, fermé de bambous proprement entrelaſſés,

verniſlé,& quelquefois orné des plus belles peintures. ette voiture n'a

que deux fenetres collatérales. Lorſqu'il pleut, on la couvre de papier ver-

niſſé, qui eſt à Pépreuve de la pluye,& de la mêeme fabrique que le man-

teau des Cavaliers. On diſtingue encore la qualité de celui qui ſe fait porter

dans un Norimon, par le nombre des Porteurs,& par la manière dont ils

prennent leurs bätons. Si c-'eſt un Prince du Sang, ou le Seigneur d'uneProvince, ils tiennent le bäton ſur la paume de la main. Pour les perſon-

nes d'un rang inférieur, ils le portent ſur leurs épaules. IIs ont tous la li-

vrée de leur Maitre; dans les Voyages, ils ſont en aſſez grand nombre pour

ſe relever tour-à-tour. II y a des Cangos que les perſonnes méême de qua-

lüté préférent aux Norimons pour les Voyages,& qu'on eſt forcé d'em-

ployer pour paſſer les montagnes. IIs ſont petits;& l'on n'y eſt pas fort

à Paiſe, parcequ'on eſt obligé de s'y tenir courbé& d'y croiſer les jambes.

Kæmpfer les compare à des paniers, comme leur nom le ſignifie. Le cou-

vert en eſt plat,& le fond concave. Les plus petits ont trois Porteurs,

dans les chemins difficiles. On paſſe, avec ces voitures, par des lieux qu'on

ne traverferoit point à cheval.

PochR voyager ſur les Rivieres, ou pour ſuivre les Cêtes de la Mer, les 1 ve.; deJaponois ont des Barques, qui reſſemblent beaucoup aux Strubes de Rufſie, woRelefnavec leſquelles on remonte le Volga, depuis Moſcou juſqu'à Caſan. Lesvoiles en ſont moitié noires& moitié blanches. Mais certaines Rivieres,qui ont peu de profondeur& beaucoup de rapidité, ne ſe traverſent qu'a-vec une ſorte de Bac, dont le fond eſt plat,& ſi pliant, qu'il céde au ſa-ble, fur lequel il gliſſe doucement. En général, tous les Navires& les Ba-teaux du Japon ſont de ſapin ou de cédre; mais leur conſtruction& leurforme ſont proportionnées à leur uſage. Les Barques de plaiſir ont auſſi lafigure qui leur convient. La plüpart ne vont qu'’à la rame; mais ils onttous, deux ponts; le premier, fort bas& fort plat; le ſecond, diviſé enpluſieurs chambres, à Taide des paravents, avec des fenêtres,& toutesſortes d'ornemens& de commodités.

LEs plus grands Batimens du Japon ſont des Navires Marchands, qui Nuvites&ne s eloignent jamais beaucoup de l'Empire, mais qui ſervent à tranſporter Barques dud'une He, ou d'une Province à lautre, des paſſans ou des marchandiſes. Jopon.Cette courte navigation a beaucoup d'agremens. Quoique la plüpart despetites Iles, qu'on rencontre à chaque inſtant ſur cès routes, particuliêre-ment celles qui ſont en ſi grand nombre entre Nipon& Xicoco, ſoyent

mon-